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Ils se la jouent collectif
Publié le 28/06/2010
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édito

Tour à tour, on a vu ces derniers jours des manifestants, des chefs d'entreprise et des exclus se la jouer collectif pour occuper le terrain. Mais le nombre est-il le meilleur indicateur du collectif ?



Pour être visible, l'impératif du collectif. (photo : C. Petident)

Ces derniers jours encore, les rues de nos villes ont vu leur fréquentation augmenter. Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des salariés, des chômeurs, des étudiants, des retraités : ils ont cherché à dire « non » ou à revendiquer« faisons autrement ». Pas de quoi faire trembler les décideurs politiques, mais mine de rien, ils ne passent pas inaperçus, parce qu’ils se la jouent collectif.

A quelques heures près, d’autres individus se rassemblent pour un congrès national dans la région. Le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise se réunit autour d’une formule : « de l’entrepreneur solitaire… à l’entreprise solidaire ». On y parle de « vivre ensemble », de « besoin des autres » et de l’idée que « la société est forte de la place qu’elle donne aux plus fragiles ». Les formules n’ont pas valeur d’engagement, gardons un œil sur les actions concrètes, mais leurs auteurs sont crédibles parce qu’ils se la jouent collectif.

Et puis la même semaine, des citoyens précaires se retrouvent eux aussi dans la région pour un séminaire national avec ATD quart Monde. Autour du thème de la prise de parole : des personnes pauvres, des bénévoles et des journalistes. Ils cherchent à faire en sorte « que les exclus de la société ne soient pas aussi les exclus de l’espace médiatique ». L’ampleur de la tâche est énorme mais ils y croient parce qu’ils se la jouent collectif.

Relevé de compteurs. Les manifestants étaient 2 millions d’après les syndicats. Les jeunes dirigeants, autour de 1300 selon les organisateurs. Quant aux exclus, ils étaient tout au plus 70 peut être 80… Pas franchement éblouissant comme collectif. Mais derrière les chiffres, une réalité presque insondable de l’extérieur : pour se la jouer collectif, les exclus ont dépassé un obstacle du genre costaud, « la honte d’être pauvre ». Et transformer la honte qui isole en point de ralliement collectif, c’est déjà un sacré tour de force ! 

Frédéric Lossent

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