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Petites mains créatives
cherchent emplois pérennes
Publié le 30/04/2013
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A Laval, l’atelier "Petites mains et compagnie" a choisi la création textile comme support d’insertion. Le temps de leur chantier, les personnes peuvent être fières de vendre des objets bien faits, réalisés dans des tissus mayennais. Mais trouvent-elle ensuite un emploi pérenne dans le secteur textile ?



À Laval, l'atelier Petites mains et cie apprend à des femmes à créer, coudre et vendre de beaux objets textiles, pour leur remettre le pied à l'étrier (photos : A. Penna). des objets

C’est une poule qui est née en premier. Une petite poule 100 % made in Laval, taillée dans de la toile de Mayenne.
L’association intermédiaire (AI) mayennaise Partage cherchait un support d’insertion innovant, et particulièrement adapté à la reprise d’activité des femmes migrantes. « Or beaucoup d’entre elles ont touché à un travail manuel ou à la couture », explique Véronique Fouquet, directrice de l’AI.

L’idée de se lancer dans la création textile – bien dans l’air du temps - a donc germée, encouragée par une rencontre avec une coopérative de jeunes créateurs de Clermont Ferrand intervenant dans des structures d’insertion. Le projet a éclos quand des fournisseurs de tissu locaux ont offert leurs chutes : d’abord les Toiles de Mayenne, puis TDV industrie et les tissus d’Avesnières (les trois derniers tisseurs mayennais), enfin les bâches événementiels de la mairie de Laval. Il s’est tout à fait solidifié grâce au soutien du Fonds social européen, du Plan local pour l’insertion et l’emploi et du Conseil général.


Véronique Fouquet, directrice de Petite Main et cie, et la toute première poule créée dans l'atelier (photo : A. Penna).

Créer de beaux objets

Résultat, la poule a pondu de beaux œufs. Une dizaine de personnes cousent depuis 2011 dans le chantier d’insertion « Petites mains et compagnie », encadrées par deux salariées à temps partiels. Les poules, mais aussi hibous, chiens, sacs, trousses ou encore tabliers, tous fabriqués en tissus neufs ou en bâches recyclées, se reproduisent à bonne vitesse. Ils sont vendus en ligne mais aussi désormais dans l’atelier- magasin situé en plein centre ville de Laval. Et cela marcherait plutôt bien.

« Nous avons fait le pari un peu fou de créer, fabriquer et vendre de beaux objets. Pour montrer que dans l’insertion, on ne fait pas que du bricolage », explique Véronique Fouquet. « On fait de l’artisanat au sens qualité, méticulosité, rigueur… pour être fier de ce qu’on vend, c’est valorisant ! », s’enthousiasme Patricia Girard, ancienne créatrice d’abat-jour contente de transmettre sa passion du bel ouvrage en tant qu’encadrante technique.

Créer de la confiance

Il s’agit aussi et avant tout de créer, comme dans tout chantier, un espace pour reprendre confiance en soi et reprendre en main son projet professionnel. Chaque personne passe dans l’atelier de 6 à 12 mois, bénéficie d’une formation en interne à la couture et d’un accompagnement par un conseiller en insertion professionnelle. Mais après ?


Lala Magoye, salariée de Petites mains et cie : "J'ai appris ici !" (photo : A. Penna).

Lala Magoye, mère de famille d’origine malgache, arrive au bout de ses 6 mois, déjà renouvelés une fois. « J’ai appris ici, ça m’a plus, mais ça va être difficile de trouver du travail dans la couture ici à Laval ! », explique-t-elle avec lucidité en s’appliquant sur la couture d’un hibou. Elle espère pouvoir au moins s’acheter un jour sa propre machine. Marie-Noëlle Edzo, venue du Congo, est elle aussi entre motivation et crainte de l’avenir : « Si possible, j’aimerais aller travailler dans des ateliers de luxe, mais je veux avant tout trouver un emploi fixe. »


Marie-Noëlle Edzo, salariée de Petites mains et cie : "Je veux avant tout trouver un emploi fixe" (photo : A. Penna).

Créer des débouchés

Malheureusement les débouchés locaux sont maigres. « Il y a un peu d’emploi dans la couture de luxe mais ce n’est pas facile d’entrer dans son moule exigeant, le fossé est grand », analyse la directrice des petites mains Véronique Fouquet. En outre, elle avoue une part de responsabilité dans le manque de perspective : « Le boutiquage du projet a demandé beaucoup d’énergie, on a un peu négligé l’insertion.»
On touche là du doigt un paradoxe de l’IAE : être en mesure de produire et en même temps tenir des objectifs de sortie…


La boutique-atelier de Petites mains et cie, en plein centre ville de Laval (photo : A. Penna).

En tout cas cette l’année, les bonnes résolutions de la structure sont de construire davantage de ponts avec les entreprises textiles, potentiels employeurs. Elle compte aussi sensibiliser des entreprises ou collectivités pour qu’elles commandent de objets solidaires et locaux par lots entiers, par exemple pour des cadeaux de fin d’année.

In fine, l’idéal serait de parvenir à dégager suffisamment de bénéfices pour changer de modèle économique. Comme l’assure Véronique Fouquet : « La philosophie de notre association a toujours été de dénicher des emplois et d’aller vers l’autofinancement. » Va-t-elle trouver la poule aux œufs d’or ?

Armandine Penna

Pour passer commande : se rendre sur le site www.petitesmains-et-cie.fr
Contact : au 02 72 89 22 89 ou en écrivant sur apmcie@sfr.fr
Adresse de l’atelier-boutique : 49 rue du Val de Mayenne, à Laval

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