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En Maine-et-Loire, les sans-abris
ont aussi leur place en milieu rural
Publié le 29/04/2013
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reportage
exclusion
Abri de la Providence
115
Secours catholique
Accueil rural

C’est un dispositif unique en France. En Maine-et-Loire, le Secours Catholique et le 115 ont monté un réseau avec des communes rurales pour mieux prendre en charge des sans-abris. Objectif à terme : stabiliser les personnes qui le souhaitent dans un logement.



À Saint-Lambert du Lattay. En 2012, 229 sans-abris ont fréquenté les 34 accueils ruraux du Maine-et-Loire (photo : Quercus49 / Panoramio).

Officiellement, elle est adjointe aux affaires sociales à Saint-Lambert du Lattay. Pour les sans-abris qui passent sur cette petite commune du Maine-et-Loire, Catherine Denis est plus humblement la référente du local. Celle qui passe régulièrement les accueillir, échanger quelques mots et apporter le nécessaire de toilettes. Depuis l’ouverture d’un accueil pour sans-abris, en 2008, l’élu a pris son rôle à cœur : « On rencontre des gens de tous bords, explique-t-elle. On apprend à se connaître, c’est très riche pour nous. »

En Maine-et-Loire, le département compte 34 accueils ruraux comme celui-ci et trois accueils en périphérie d’Angers. Une simple chambre bien souvent, équipée d’une salle de bain, qui permet d’héberger les sans-abris rompus au voyage. Des personnes qui ont quitté la ville, jugée trop agressive. Des hommes et des femmes -moyenne d’âge 46 ans- qui vont et viennent, à vélo, en car, en stop, font les saisons ou cherchent simplement une halte pour la nuit.


À Saint-Lambert du Lattay, Catherine Denis, adjointe aux affaires sociales, est aussi la référente du local d'accueil des sans-abris (Photo D. Prochasson).

Cet après-midi d’avril, aucun sans-abri ne s’est présenté à la mairie de Saint-Lambert du Lattay. En 2012 pourtant, le local mis à disposition par la mairie a enregistré 288 nuitées, affichant complet presque tous les soirs. Dans le département, 6000 nuitées ont été proposées à 229 personnes différentes. Signe que ces accueils ont bel et bien une raison d’être.

Améliorer l’existant

Ces lieux, historiquement liés à l’église, sont aujourd’hui le plus souvent pris en charge par les communes, esseulées dans leur gestion de l’accueil. C’est pour remédier à cette solitude qu’en 2007, le Secours Catholique a débuté un travail de partenariat avec le service 115 de l'Abri de la Providence.

« Chaque commune travaillait dans son coin. Certaines avaient un réseau organisé autour d’équipes bénévoles, d’autres faisait fonctionner le local avec une secrétaire de mairie ou un policier municipal qui donnait les clés aux gens de passage », explique Benoît Grellety, animateur au Secours Catholique. Notre objectif n’était pas de développer le réseau mais d’améliorer l’existant. Et de voir comment on pouvait aller plus loin. »

Le Secours Catholique, sensible aux problématiques des personnes sans domicile avait la capacité d’animer un réseau, le 115, qui souhaitait faire un état des lieux des hébergements du département, connaît sur le bout des doigts ces publics. Pendant six ans, les deux structures sont allées de local en local. Elles ont entretenu le lien avec les communes pour échanger sur leurs pratiques, apporter des conseils sur la durée du séjour, sur la qualité de l’accueil à proposer.

Évaluer les attentes des sans-abris

Grâce à un travail statistique, le Secours Catholique et le 115 ont pu mieux appréhender les profils de ces sans-abris qui parcourent les routes. Un long travail qui a permis de poser les bases pour désormais accompagner les sans-abris qui le souhaitent vers l’insertion. 


Benoît Grellety, du Secours Catholique et Caroline Wallard du 115 à l'accueil rural de Saint-Lambert du Lattay (Photo D. Prochasson).

« Notre objectif, en lien avec les équipes de terrain, est de pouvoir se rapprocher des personnes qui passent sur le territoire pour évaluer leurs attentes », explique Caroline Wallard, du 115. Et souvent, l’attention portée à l’accueil est un facteur décisif pour accrocher les gens. « Il y a un lien entre la qualité de l’accueil et le fait que la personne prenne conscience qu’elle peut s’arrêter, poursuit Benoît Grellety. Une confiance s’établit qui permet de travailler le passage vers la stabilisation. »

La suite entre les mains de la DDCS

C’est cette phase du travail, l’insertion, que les deux structures devront désormais mettre en place. « Ça implique une articulation entre le réseau de communes et les professionnels du logement », précise Benoît Grellety. Reste à trouver les moyens pour financer le projet. Jusqu’à présent, les deux structures ont bricolé avec de rares subventions pour mener à bien ce travail.

« Si on arrête maintenant alors qu’on a établi la confiance avec les responsables des locaux, ce serait un immense gâchis », prévient Benoît Grellety. La décision repose désormais sur la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) qui devra dire si elle finance ou non le travail d’accompagnement de ces populations.

David Prochasson

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