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Michèle Delaunay et Brigitte Ayrault jouent les “super zaidantes”
Publié le 13/05/2013
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Actualité
Mobilisation
Personnes âgées
isolement
lutte
Michele Delaunay
Brigitte Ayrault
Monakusa

La ministre en charge des personnes âgées et de l’autonomie Michèle Delaunay était en visite à Nantes ce lundi 13 mai, accompagnée de Brigitte Ayrault. L’épouse du Premier ministre est le visage de Monalisa, “Mobilisation nationale contre l’isolement des personnes âgées”. Le duo annonce vouloir fédérer les acteurs de cette lutte, diffuser les bonnes pratiques et au delà inciter toute la société à être plus aidante avec ses aînés. La partie n'est pas encore gagnée…



Michèle Delaunay et Brigitte Ayrault, en visite à Nantes sur le thème de la lutte contre l'isolement des personnes âgées, ont visité la Maison des aidants et joué au jeu "super zaidan" imaginé par la MSA de Vendée et de Loire-Atlantique (photo : A. Penna).

Monalisa est connue pour capter les regards, mais peut-elle les changer ? C’est en tout cas le but de la Mobilisation nationale de lutte contre l’isolement des personnes âgées, lancée depuis le 14 décembre par la ministre Michèle Delaunay : « Créer une synergie pour avoir un regard plus serein sur cette problématique. »

Un groupe de travail composé d’une trentaine d’associations du champ de la solidarité, d’acteurs institutionnels (CCAS, conseils généraux, association des Régions de France) et de caisses de retraites, répertorie les bonnes initiatives et pratiques pour atténuer la solitude des “âgés”, et planche sur la manière de les coordonner et de les diffuser. Animé par les Petits frères des pauvres, il doit remettre un rapport le 27 juin.

Mobilisation nationale

En attendant, la ministre, qui assure que « la démarche doit rester citoyenne » et que son ministère n’intervient « qu’en appui », multiplie les visites sur le terrain. Et pour rendre Monalisa bien visible, elle a demandé à Brigitte Ayrault d’être son imprésario.

On connaissait l’intérêt de la femme du Premier ministre, ancienne professeur de lettres, pour les jeunes en difficulté. Elle a été vite convaincue par l’enjeu sociétal de l’accroissement des personnes âgées dans la pyramide des âges : «  l’État doit être protecteur mais ne peut pas tout, on ne fera rien sans une mobilisation  générale.»

Nantes est la quatrième ville (après Paris, Lens et Amiens) où elle se rend avec la ministre - et celle qu’elle connaît le mieux !- pour recueillir le témoignage d’acteurs de terrain mais surtout donner un coup de projecteur au projet. Ce qui est particulièrement réussi en cet anniversaire de l’arrivée à Matignon de son époux.

Initiatives locales

Au restaurant Club-Malville du CCAS, les deux femmes ont rencontré des personnes retraitées qui restent actives en rendant visite à des personnes plus âgées et isolées qu’elles. Elles se sont vues présenter Voisin’âge : créant des liens entre des personnes âgées isolées et leurs voisins, cette expérimentation nationale des Petits frères des pauvres, d’ailleurs à l’origine de l’idée de Monalisa, débute dans un quartier de Nantes. Toute la journée, les deux femmes ont écouté de nombreux bénévoles et professionnels prouvant que les initiatives locales ne manquent pas. À la Maison des aidants, Michèle Delaunay et Brigitte Ayrault se sont même essayées au jeu « super zaidan ! » conçu par la MSA vendée-Loire-atlantique pour sensibiliser à l’aide aux personnes âgées.

Concrètement ?

Les deux femmes assurent que les dés ne sont pas jetés. Si le rapport est bientôt remis, tout reste ensuite à faire sur le plan local : mettre en place « des équipes opérationnelles pour animer les réseaux » et imaginer « des gouvernances souples. » Michèle Delaunay insiste : « Il n’est pas question de rajouter une couche nouvelle mais bien d’établir une cohérence entre ce qui existe. » 

Les mauvaises langues vont dire : alors concrètement, quoi de nouveau ? Michèle Delaunay répond : « La démultiplication ! » Brigitte Ayrault vient à son secours : « Il s’agit bien de mailler tout le territoire pour éviter les zones blanches ».

Les réalistes s’interrogent aussi : et financièrement, quels moyens ? 50 000 euros posés sur la table par l’État, 700 000 euros demandés à l’UE mais pas encore obtenus, plus la contribution des autres acteurs… de quoi financer pour l'instant la coordination, mais pas les actions là où elles manquent. « Nous allons essayer de démontrer que l’argent n’est pas l’essentiel », rétorque la ministre.

Vivre ensemble

D’autres sont plus positifs, à l'instar de tous ceux qui ont accepté de participer. Ils reconnaissent que Monalisa est le signe d’une prise de conscience : il faut recréer du lien social en commençant par celui avec les plus âgés. «Nous ne sommes plus à l’ère du boyscoutisme, nous devons avancer en construisant de nouvelles formes de vivre ensemble», lance Brigitte Ayrault, « et de nouveaux schémas économiques, où la vieillesse est un atout. » « On fait de notre vieux…euh, de notre mieux ! », conclut Michèle Delaunay. Elle prépare par ailleurs une loi sur le vieillissement, annoncée pour la fin de l’année.

Armandine Penna

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