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À contre courant
Publié le 05/07/2010
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édito

Hasard des rencontres et des prises de parole. Cette semaine Dans Le Canard Social ils sont plusieurs à s’exprimer autour d’une même idée : le travail ne peut pas être la seule et unique voie pour trouver sa place dans la société !



Il y a le discours ambiant, et des voix qui disent autre chose. (photo : C. Petident)

«Et ceux qui ne savent rien faire, on en fait quoi ?» s’interroge un encadrant technique d’un chantier d’insertion. «Le travail est un outil, un moyen, mais ce n’est pas le seul» explique le président des APAJH (Associations pour adultes et jeunes handicapés). À contre courant, ils le sont du discours dominant qui consiste à désigner le travail comme seul et unique vecteur d’insertion, d’intégration, de sociabilisation, et de tout un tas d’autres mots en «tion».

Ce qu’ils nous disent c'est que ce discours est dangereux car excluant, surtout en période de crise, surtout quand le plein emploi est loin, loin derrière nous, surtout quand les fossés en tout genre se creusent. Cette position, qui est mieux placé pour la tenir que ceux et celles qui justement  travaillent chaque jour aux côtés des plus éloignés de l’emploi ?

Ce que nous disent ces gens c’est qu’il y a des discours politiques un tantinet en décalage avec la réalité, avec la vraie vie de vrais gens, bien dépassés par les histoires de bouclier fiscal, d’éventuels conflits d’intérêts mais qui en revanche ont la tête qui tourne quand ils entendent que des chèques de 30 millions d’euros peuvent être adressés à de très riches concitoyens en contrepartie de leur large participation à l’impôt. Bien dépassés quand on leur dit qu’il faut travailler plus pour gagner plus. Ils nous disent aussi que  parfois le cœur de l’actualité a beau concerner des gens chics, les faits rendent ces derniers quelque peu vulgaires. Ils nous disent enfin que quand on a les deux pieds enlisés dans un quotidien bouché, on a besoin d’entendre autre chose que des discours  faciles sur la valeur marchande et sociale du travail !

Peut-être faut-il rappeler aux spécialistes du discours que du savoir faire  « ceux qui ne savent rien faire » en ont. Il en faut pour se débattre dans les méandres administratifs pour comprendre et faire valoir ses droits. Il en faut pour boucler le mois avec 460 € ou 405 € (montants du RSA socle sans et avec allocation logement), il en faut pour se remettre au travail après en avoir été éloignés parfois des années. Si ce n’est du savoir faire c’est au moins un sens aigu de l’improvisation, de la débrouillardise, du genre qui n’est pas donné à tous le monde, mais qui ne vaut pas grand chose sur le marché de l’emploi.

Cécile Petident.
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