S'identifier


Mot de pase oublié ?
s'abonner
Professionnels, structures, particuliers
Abonnez-vous!
Une «Job Academy» pour l’emploi dans les quartiers prioritaires
Publié le 21/06/2010
partage

tags
reportage

Une quinzaine de demandeurs d’emplois issus de quartiers prioritaires de l’agglomération nantaise vient de rejoindre la 11ème promotion de la Job Academy. Une initiative lancée en 2006 par la Fondation agir contre l’exclusion, l’Etat et Manpower, pour accompagner des diplômés vers des emplois durables. Les candidats sont suivis par des employés volontaires en poste dans une entreprise marraine. Au programme : simulations d’entretiens, ateliers sur la mise en valeur de CV et surtout constituer et cultiver un réseau de contacts professionnels. En 4 ans, 74 % des 216 personnes suivies à Nantes ont pu décrocher un CDI ou un contrat d’au moins 6 mois.



Les 15 demandeurs d'emploi ont rencontré leurs parrains le 17 juin à Nantes. (photo : F. Lossent)

Mylène voudrait être conseillère de clientèle dans une banque, pour Joëlle c’est plutôt l’industrie pharmaceutique en tant qu’assistante marketing, quant à Abdou, il veut devenir contrôleur de gestion. De l’ambition ? Ils en ont. Des diplômes ? Il en ont aussi : des Bac Pro, des DUT ou des Master. Et du boulot ? Eh bien non, et ça le problème de ses habitants de quartiers prioritaires de l’agglomération nantaise : comment sortir du chômage alors qu’on est motivé et qualifié ? Repérés par la Mission Locale, la Maison de l’emploi, Pôle Emploi ou directement par la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE), ils sont donc une quinzaine à avoir rejoint la semaine dernière la Job Academy. « Promotion », « academy », « jobbers » : des termes anglo-saxons empruntés à l’univers des entreprises qui se la jouent « win-win » pour une approche concrète de la recherche d’emploi dans les quartiers populaires. « Le constat de départ, indique Joëlle Martin, chargée de mission à la fondation FACE, c’est qu’il y a  dans les zones urbaines sensibles des demandeurs d‘emplois qualifiés qui rencontrent des difficultés pour décrocher des postes : la couleur de peau, un nom à consonance étrangère, une expérience ou un diplôme obtenus à l’étranger, en Afrique notamment. » Illustration avec Mylène qui a travaillé pendant 9 ans au Congo dans une banque, avant de venir vivre en France. Malgré sa maîtrise d’Economie et son expérience, elle peine à décrocher des entretiens.

Ecouter Mylène, professionnelle expérimentée, qui a besoin de faire reconnaître son début de carrière au Congo : 

Pour d’autres candidats, la difficulté majeure, c’est le manque d’expérience. Avec une maîtrise et un master, Abdou voudrait devenir contrôleur de gestion. Il sait qu’il va falloir passer par un poste intermédiaire d’assistant pour apprendre le métier sur le terrain. Mais, malgré cette volonté d’entrer dans une entreprise ou une administration « par la petite porte », la réponse est invariablement la même : « vous manquez d’expérience ». De quoi entamer la motivation d’Abdou qui a besoin aujourd’hui d’un coup de pouce pour relancer ses recherches.

Ecouter Abdou qui cherche à acquérir de l’expérience sur un premier poste :

Pour sortir de l’impasse, la solution passe souvent par le réseau. C’est l’un des objectifs principaux de Job academy : permettre d’avoir des contacts directs avec ceux qui travaillent, avec ceux qui recrutent, avec ceux qui savent où et quand il est pertinent de se manifester. Pour cela, les parrains s’engagent à donner des tuyaux et à ouvrir leur carnet d’adresse aux « jobbers ».

Ecouter Thom qui mise aujourd’hui sur la logique de réseau pour sortir du chômage :

Ecouter Joelle Martin, chargée de mission de la Fondation Face, qui rappelle que les deux tiers des recrutements se font via les réseaux de connaissance :

Lancée en 2006, l’initiative Job Academy a permis d’accompagner 216 candidats à Nantes. Elle ne remplace pas le travail des autres acteurs de l’emploi, mais le point fort repose sur des liens directes avec un réseau d’entreprises volontaires parmi lesquelles Manpower, Saunier Duval ou Waterman. Au terme de leur suivi fixé à un an au maximum, 95 % des demandeurs d’emplois ont signé un contrat de travail. 74 % ont décroché un CDI ou une mission de plus de 6 mois. De bons résultats qui s’expliquent en partie par un critère de sélection des « jobbers » : il faut démontrer qu’on est motivé. Par conséquent, les candidats complètement démobilisés et accablés par les difficultés n’accèdent pas ou peu au dispositif. Cette année, c’est le centre d’appel IMA technologies qui s’engage dans l’opération à Nantes en incitant des membres de son personnel à jouer le rôle de parrains auprès des 15 « jobbers ». Techniciens, juristes ou responsables d’équipe, une douzaine d’entre eux est volontaire pour donner des conseils, des coups de pouce ou apporter un soutien moral. C’est le cas de Rokhaya Pondi, responsable d’équipe, qui se reconnaît dans les diplômés confrontés à la recherche d’une première expérience concluante : « à un moment, on s’est retrouvé à leur place. Une fois qu’on sort des études, on est content, on a le diplôme, on fait sauter le champagne, mais après qu’est-ce qu’on devient ? Ce n’est pas évident de se retrouver devant les recruteurs, pourtant cette première étape est essentielle ».

Ecouter Rokhaya Pondi, marraine et responsable d’équipe à IMA Technologies :

Ecouter Marc Perretti, parrain et conseiller client à IMA Technologies :

Ecouter Jamel Kasmi, parrain et manager juriste à IMA Technologies :



Frédéric Lossent

newsletter
facebook