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A la recherche de l’indifférence
Publié le 26/07/2010
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édito

Le plus souvent, on la combat, on s’y heurte, on s’en étonne, on aimerait bien s’en passer aussi. Habituellement, l’indifférence, c’est quelque chose qu’on rejette. Mais cette semaine, nous vous parlons d’une femme qui la cherche, l’indifférence.



"Quand on est la femme d'un sans papier, on n'est la femme de personne" (image d'illustration : D. Prochasson)

C’est l’occasion qui a fait le larron. Une rencontre, par hasard, et la discussion a démarré. Dans l’espace médiatique, elle ne peut pas décliner son identité, mais avec un prénom d’emprunt, Sylvie témoigne dans Le Canard Social. Elle y tient même, pour expliquer avec des mots simples sa situation compliquée de femme de « sans papier ».

Par définition, vivre avec un homme qui est en situation irrégulière, ça n’augure pas d’une vie de famille calme et tranquille. Elle le savait dès le début, mais comme elle le dit spontanément : « quand on tombe amoureux, on ne demande pas la carte de séjour ! » Se déplacer normalement, s’aimer normalement, travailler normalement, se soigner normalement… Tout cela est donc de l’ordre du rêve pour une femme de « sans papier ». Et c’est bien pour ça qu’elle aurait préféré vivre dans l’indifférence. Pour le coup, elle n’aurait pas connu l’isolement forcé, les non dits avec le voisinage ou les fins de mois difficiles avec un homme qui ne ramène pas d’argent à la maison, faute d’accès au travail officiel.

Que son mari soit entré et séjourne illégalement dans l’hexagone, Sylvie ne le conteste pas, elle connaît la loi. En revanche, elle a voulu témoigner pour dire une chose : « ça existe et il faut bien composer avec ». Et en dénoncer une autre : « quand on est la femme d’un « sans papier », on n’est la femme de personne ». C’est donc la femme d’un fantôme aux yeux de l’administration mais pas dans les associations caritatives qui ferment les yeux sur des papiers manquants quand il s'agit de fournir un colis alimentaire. Des associations qui, pour une fois, se montrent indifférentes... pour continuer à être solidaires.

Frédéric Lossent

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