S'identifier


Mot de pase oublié ?
s'abonner
Professionnels, structures, particuliers
Abonnez-vous!
Circulaires : l'épine dans le pied
Publié le 12/09/2010
partage

tags
édito

Les circulaires destinées aux Préfets et révélées par Le Canard Social, contredisent les déclarations d’Eric Besson à propos de l’évacuation des campements illicites. Alors maintenant, que peut-on attendre ?



Les circulaires publiées par le Canard Social mettent en porte à faux le ministre de l'immigration Eric Besson

Suite à l’adoption de la résolution du Parlement européen le 9 septembre demandant à la France de «suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms», le Ministre de l’immigration avait vivement réagi. «La France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms, avait déclaré le Eric Besson le jour même. Notre droit ne connaît les étrangers qu’à raison de leur nationalité.» Une déclaration contredite par les différents documents publiés le 9 septembre par Le Canard Social avant d’être repris ensuite par la presse nationale.

«300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d’ici 3 mois, en priorité ceux des Roms» : c’est écrit noir sur blanc dans une circulaire du 5 août 2010 émanant du Ministère de l’Intérieur. Plus loin, les consignes évoquent «une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms». Autre allusion : «les opérations menées depuis le 28 juillet contre les campements illicites de roms n’ont donné lieu qu’à un nombre trop limité de reconduites à la frontière ». Au cas où les Préfets auraient encore un doute, le texte insiste : «il convient évidemment d’empêcher l’installation de nouveaux campements illicites de Roms.» Avant de conclure : «les préfets de zone s’assureront (…) de la réalisation minimale d’une opération importante par semaine (évacuation / démantèlement / reconduite) concernant prioritairement les Roms».

La lecture de ces documents interpelle : le mode opératoire cible sans équivoque une communauté. C’est condamnable sur le plan moral et répréhensible sur le plan légal, et c’est ce qui nous a amené à porter ses informations confidentielles à la connaissance du public. On le voit, les réactions sont déjà nombreuses dans l’espace médiatique.

Alors, maintenant, que peut-on attendre ? Comment continuer à affirmer que «la France n’a pris aucune mesure spécifique à l’encontre des Roms» ? Et, lorsque qu’Eric Besson déclare que «la France regrette les caricatures et tentatives d’instrumentalisation de son action, qui alimentent les risques de stigmatisation de cette population», on cherche à savoir qui stigmatise le plus. Force est de constater que les écrits parlent d’eux mêmes.

Frédéric Lossent

newsletter
facebook