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Face aux Roms : l'unité de ton impossible
Publié le 20/09/2010
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édito

On ne le dira jamais assez, pas une collectivité, pas un responsable politique, pas un parti politique, n’est à l’aise quand il s’agit d’évoquer les Roms : nulle part, chez personne l’unité n’a été trouvée. La voix unique, ferme, solide, affirmée, ne résonne ni chez les uns ni chez les autres… 



Et c'est sans doute pour cela que la situation concrète des Roms en France, n’évolue pas. Leurs conditions de vie sont les mêmes, leurs perspectives restent aussi minces d’année en année et leur représentativité est toujours proche de zéro. En réalité, quand on regarde de près les expériences menées par exemple en terme de relogement, de travail, de scolarisation ou même de réinsertion dans le pays d’origin, et il y en a, pas une fois elles ne s’inscrivent dans une politique globale, à chaque fois il s’agit de la volonté de quelques uns, agissant sur un même territoire : élus, associatifs, particuliers, bailleurs…. Autre bizarrerie, ces expériences, se font dans le silence comme si les politiques locaux craignaient d’avouer qu’ils mènent des expériences, qu’ils y consacrent même des fonds… La communication politique a manifestement ses limites, certaines actions semblent ne souffrir aucune publicité.

Pas de publicité non plus autour des discours discordants au sein d’une même famille politique. Les fameuses circulaires publiées par nos soins ont révélé une intention politique sans équivoque de la part d’un ministère au moins. Le patron même de l’UMP a déclaré qu’il les assumait. Mais il suffit d’interroger localement les représentants de cette même majorité pour comprendre que les mêmes textes ont fait grincer les dents de certains les jugeant en contradiction avec leurs idéaux politiques ou leurs traditions de pensée. Localement toujours, mais à gauche cette fois, il suffit de poser quelques questions à certains élus pour mesurer très vite à quel point le malaise est fort : car ici comme ailleurs, oui des municipalités, y compris de gauche, ont pris des décisions fermes d’évacuation de terrains illicites et parfois sans solution à la clé.

Personne aujourd’hui, à part peut-être quelques militants associatifs infaillibles, ne peut s’enorgueillir d’avoir été constant, d’avoir toujours fait face à la situation des Roms avec volontarisme, avec sérénité et sans contradiction.

Au fond, ces circulaires révélées n’y changeront rien, ou presque rien. Certes elles auront mis en évidence un risque majeur pour une démocratie : celui de la stigmatisation organisée  d’une minorité au plus haut rang de l’Etat, provoquant une levée de bouclier immédiate. Mais sur le terrain, pour le quotidien de ceux dont on parle, pour les Roms, rien n’a changé et ne changera avant longtemps. Pour les élus locaux qui sont les premiers confrontés à cette même population, la réalité sera la même : il leur faudra gérer dans l’urgence une situation urgente, il leur faudra faire face aux inquiétudes et angoisses d’habitants craintifs, il leur faudra affronter les associations qui mobilisent de plus en plus largement, il leur faudra mettre en adéquation leurs actes  avec leurs idéaux, et le cas échéant il leur faudra batailler avec leur propre courant politique pour obtenir une ligne claire, un soutien ou tout du moins une écoute.

Cécile Petident

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