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Dans la « Silicone Vendée », des vents contraires
Publié le 04/10/2010
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édito

Avec le départ de Philippe de Villiers du Conseil Général de Vendée y aura t’il un changement dans l’action sociale du Département ? En coulisse ou ouvertement, certains attendent un recentrage.



Le Conseil général qui cultive une image positive de la Vendée va t'il se recentrer sur l'action sociale ?

Après 22 ans aux commandes de la Vendée, le très charismatique Philippe de Villiers a donc décidé de s’éclipser. « Je m’efface » a t’il dit la semaine dernière dans son « message à tous les Vendéens ». Dans la sphère politique, ses partisans ont parlé d’une « œuvre immense » et ses adversaires d’une « parenthèse qui se referme »… Sur l’échiquier, les pièces maîtresses se repositionnent : la campagne électorale pour les cantonales vient de connaître un coup d’accélérateur.

Philippe de Villiers a crée la surprise, mais il suscite aussi des attentes. En coulisse, à mots couverts, en off, la nouvelle réjouit des protagonistes de l’action sociale. Depuis des années, des travailleurs sociaux et des responsables de structures étaient pour le moins mal à l’aise : en désaccord avec le discours politique du patron du MPF, chassant sur les terres du Front National pour reprendre l’expression de son ex-dauphin Bruno Retailleau, mais aussi dépendants financièrement du patron du Département, premier financeur des politiques publiques en direction des populations fragiles. Ce qui lui était reproché ? Attirer d’avantage l’attention sur le sport, le tourisme et les grands évènements plutôt que sur la lutte contre l’exclusion et la pauvreté. Pour autant, ces acteurs du secteur social vendéen n’accusaient pas leur collectivité d’abandon de poste. Ils disaient tout simplement : « pour vivre heureux, vivons cachés ». Autrement dit : « on ne parle pas de nous, tant pis, tant qu’on nous finance, on ne fait pas de vague et on arrive à bosser. »

Mais voilà qu’un patron influent prend sa plume pour dire tout haut ce que les travailleurs sociaux pensent tout bas (lire notre entretien). Yves Gonnord n’est pas connu pour être un militant d’extrême gauche, il est vice-président du groupe Fleury-Michon et dans le civil, président d’un chantier d’insertion. « Il faut changer de cap », a t’il demandé noir sur blanc dans une lettre au futur ex président du Conseil Général, en regrettant la politique de dépenses publiques importantes en terme d’évènements et de communication. « Depuis une dizaine d’années, la Vendée a changé, il y a une montée forte de la précarité », souligne le chef d’entreprise qui réclame un recentrage du Département sur l’action sociale.

Depuis les années 90, on savait la Vendée championne dans deux catégories : un taux de chômage parmi les plus faibles mais des salaires moyens parmi les plus bas. Désormais, comme partout ailleurs, les difficultés sociales se manifestent au grand jour. Quand Philippe de Villiers se félicite d’avoir voulu « que la Vendée soit reconnue et qu’elle ait une belle image », d’autres lui rappellent une réalité moins flatteuse. A La Roche sur Yon, lors de la mobilisation du 23 septembre sur la réforme des retraites, un Vendéen défilait avec une pancarte évocatrice : « on en a marre d’être pauvre ». A moins de se couper d’une partie de la population et des décideurs, le futur capitaine du Département et ses moussaillons sont prévenus : il va falloir changer de tonalité.

Frédéric Lossent

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