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«Ça gagne»
Publié le 25/10/2010
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édito

Par ces deux mots jalonnant son spectacle il y a une dizaine de jours, la compagnie de théâtre choletaise (49) «côté cours», introduisait un débat organisé par le lions club  sur la pauvreté et la solidarité. La pauvreté gagne, la solidarité aussi, disaient les acteurs. Que dire de la grogne ambiante….



Manifestation du 19 octobre à Nantes : des dizaines de milliers de personnes défilent pour se faire entendre (photo : A.Penna)

Ignorons les batailles de chiffres, ignorons aussi les nuances verbales des observateurs qui oscillent entre stabilisation, augmentation, régression du mouvement. Retenons le visible, ce que chacun ces derniers jours a pu constater : des dizaines de milliers de gens dans la rue, des poubelles pas ramassées, des pompes à essence fermées, des transports aléatoires, des cantines et des écoles portes closes, des sites industriels occupés, des routes bloquées, des débrayages ici et là… Approchons nous des manifestants : des lycéens, des étudiants, des chômeurs, des salariés, publics et privés, des salariés en insertion, des retraités, beaucoup de retraités, des militants de toujours et d’autres d’un jour, « ça gagne »… Ça se répand. La grogne, la lassitude et l’envie de se rassembler.

À quand remonte le dernier mouvement social à ce point transversal ? À quand remonte ce sentiment qu’ont aujourd’hui les responsables politiques et syndicaux que le mouvement va leur échapper tant il semble cristalliser les frustrations, les colères et les petites humiliations que la société est capable de susciter ? Les lycéens descendent dans la rue d’eux même, plus besoin de la tutelle des grandes centrales, les étudiants se mettent en rang… Les sondages ? Pour l’instant ils montrent que le mouvement a plutôt la sympathie d’une large majorité de la population.

Pourquoi la grogne gagne-t-elle du terrain précisément maintenant ? La réforme des retraites ? Oui, elle est un déclencheur incontestable, la retraite c'est l’avenir, la rogner, c'est rogner demain.  Mais cette réforme, dont chacun sait très bien qu’elle sera adoptée, ne suffit pas à elle seule à expliquer ce mouvement d’ampleur qui ne semble pas vouloir s’éteindre. La détermination affichée par certains grévistes, les nouveaux appels à manifester lancés pour le 28 octobre et le 6 novembre, confirment cette envie de ne rien lâcher. Alors au delà de cette réforme, c’est sans doute un mal plus profond qui s’exprime, celui enfoui dans le fossé qui se creuse, aussi bien en terme de niveau de vie qu’en terme d’écoute.

«Ça gagne», l’impression de ne pas compter, «ça gagne», l’envie de dire stop !

Cécile Petident

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