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Le ministre et le «jeune»
Publié le 03/05/2010
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édito
Le «jeune» est-il un objet d’expérimentation bien identifié ? Pas très «fun» comme interrogation, plutôt du genre froid et cynique, mais elle est au cœur des expérimentations sociales du plan Hirsch. Et en guise de réponse, on serait tenté de dire : oui, mais non.


Affiche de l'édition 2007 du festival Ramdam à l'Ouest dédié aux jeunes (créa : www.scopic.fr)

En venant ces derniers jours dans la région, l’actuel ministre de la Jeunesse et des solidarités actives a beaucoup parlé du «jeune». Celui qui paraît plutôt bien identifié, c’est le « jeune » qui aura droit au RSA spécial «jeunes actifs». Marc-Philippe Daubresse en dénombre 160 000 en France. A vérifier en septembre prochain au moment de la mise en route de la nouvelle allocation. Autre «jeune» à peu près connu mais qu’il faut mieux cerner, celui qui décroche du système scolaire. Et puis, il y a le «jeune apprenti». Trop souvent, il arrête en cours de route. Dont acte : les artisans et les formateurs s’intéressent maintenant à sa vie «perso», ses envies, sa santé, peut être ses amours. D’accord, mais comment faire pour dialoguer ?

Pour le mode opératoire, un chercheur rennais incite les travailleurs sociaux à changer de culture. Exit le bon vieux rendez-vous en tête à tête dans un bureau, voici venir l’époque des chats, de la visio-conférence et des SMS. C’est tendance, et ça coûte moins cher. Oui, mais encore ? Investir les réseaux sociaux du web, «ça, ça marche» dit le ministre avec une pensée très, très forte pour Skyblog, le très francophone «free people network». C’est vrai qu’avec 31 millions de blogs et 21 millions de profils, il y a de quoi «capter des jeunes qui sont dans la nature»

Et pourtant, il y a des occasions toutes simples d’en croiser, des jeunes. L’autre jour à Nantes en visitant le CRIJ, le ministre n’a pas pu entendre Valentin, 19 ans. Normal, il échangeait avec d’autres jeunes, un peu, et avec des moins jeunes, beaucoup. Pendant que ministre, élus et professionnels détaillaient leurs actions, Valentin attendait son tour, qui n’est jamais venu. En fait, il voulait témoigner : grâce à la mission locale et ses partenaires, ce jeune homme indépendant a monté un projet, et aujourd’hui il a un vrai logement et un vrai boulot. Mais quelque chose le chagrine :«ces solutions, c’est incroyable, personne ne les connaît chez les jeunes. Faut faire de la pub, faut qu’on en parle !» Alors, Monsieur le ministre, quand vous dîtes «ce n’est pas le jeune qu’il faut changer, c’est notre organisation», pensez à bien tendre l’oreille sur le terrain, le «jeune» est parfois là, à portée de main.    

Frédéric Lossent

Affiche de l'édition 2007 du festival «Ramdam à l'Ouest». Les organisateurs avaient choisi l'humour et la dérision pour s'adresser aux jeunes. (créa : www.scopic.fr)


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