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Silence, des femmes meurent !
Publié le 29/11/2010
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édito

Une exposition était inaugurée samedi à Nantes : 166 silhouettes de femmes ont pris place en plein cœur de la ville. Des silhouettes qui symbolisent les femmes mortes sous les coups de leur compagnon. Des silhouettes silencieuses, peut-être trop…



Des silhouettes en bois pour interpeller et sensibiliser la foule sur les violences faites aux femmes (photo : C. Petident)

Les violences faites aux femmes tuent. Des chiffres ? Il y en a quelques uns, qui commencent à dater mais selon lesquels une femme meurt tous les 2 jours et demi sous les coups de son conjoint. La cause est devenue nationale en 2010, et même internationale samedi dernier avec une journée pour « l’élimination des violences faites aux femme ».

Ces silhouettes en bois, réalisées par un atelier d’insertion du Mans « La Machinerie », avaient le mérite de vouloir lever le tabou, en venant s’immiscer au milieu des passants. Mais elles avaient aussi une faiblesse : pas de message, rien qui explique clairement leur raison d‘être. Du silence qui se rajoute au silence habituel. C’est dommage.
Samedi à Nantes il n’y avait qu’une trentaine de personnes réunie, c’est dommage aussi. De mauvaises langues ont laissé entendre qu’il y avait eu boycott de la part d’une partie des associations militantes (qui pourtant sont nombreuses, très nombreuses dans la région). Refus de venir s’afficher avec la nouvelle déléguée régionale aux droits des femmes, très contestée… des bruits qui courent, des rumeurs, que seuls les initiés peuvent interpréter, mais une réalité : les silhouettes censées interpeller sans détour toute une population sont en fait restées discrètes trop discrètes pour qu’enfin, le voile se lève,  que les langues se délient, et pour qu’au fond plus une femme ne se sente coupable d’être victime. Qu’elle puisse dénoncer, se protéger, reconstruire et vivre.

Les silhouettes sont restées seules, désespérément seules, pas suffisamment portées, ni accompagnées, ni mises en valeur. Au lieu de boycotter en silence peut-être que les absents auraient pu venir très nombreux faire beaucoup de bruit, occuper tout l'espace, histoire de donner  à ces silhouettes le coffre nécessaire pour se faire entendre. 

Cécile Petident

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