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Quand on se regarde...
Publié le 06/12/2010
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édito

« Quand on se regarde on se désole, quand on se compare on se console ». Expression populaire, sans auteur, employée cette semaine par un élu du département de Loire Atlantique à propos du recours à l’impôt. Expression vide de sens ou bien  pleine d’espoir ?



La Loire Atlantique se désole en regardant ses comptes et en décidant d’augmenter sa taxe foncière. Se console ensuite en voyant que son taux d’imposition est en dessous de la moyenne nationale. On est toujours mieux lotis que quelqu’un d’autre. On est toujours moins pauvre qu’un autre. On est toujours plus beau, moins gros… bref, y’a toujours moyen de se consoler après s’être désolé, parce que le pire existe toujours ailleurs, parfois juste à côté.

Est-ce que les bénéficiaires de la 26ème campagne d’hiver des restos du cœur en pensent autant ? Au moment où ils se sont inscrits, au moment où pour la première fois ils sont allés chercher leur colis, ont-ils regardé autour d’eux, se sont-ils consolés en se disant, par exemple, qu’au moins ils avaient un toit ? Cet agriculteur qui s’est retrouvé sur la paille, a-t-il trouvé du réconfort  lorsqu’ il a pris conscience qu’ils étaient nombreux dans le même cas et que certains étaient plus isolés que lui ? Ce jeune en formation professionnelle, dans l’incapacité d’écrire une lettre de motivation, s’est-il rassuré en se disant qu’au moins il savait construire un mur ?

Si l’on s’en tient à cet adage venu d’on ne sait où : « Quand on se regarde on se désole, quand on se compare on se console ». La réponse est à chaque fois « oui ! ». C’est une manière de toujours voir un bout au tunnel. Alors bien sûr les plus cyniques  diront qu’il ne sert à rien de fermer les yeux sur la réalité crue. Que rien ne vaut l’extrême lucidité. Mais l’un n’empêche pas l’autre... Se consoler n’est pas se mentir ! C’est s’offrir un répit avant de replonger dans ce qui nous avait désolé.

Cécile Petident
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