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Liberté de ton, j’écris ton nom
Publié le 10/01/2011
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édito

Pas facile d’être poil à gratter. On critique, on revendique, et puis quand arrive le moment de se voir confier une responsabilité, dur dur de se positionner.



L’actualité régionale de ces derniers jours a placé des citoyens militants dans une situation délicate. L’actualité, c’est la tenue d’une table ronde sur la situation des quelques 800 Roms présents dans l’agglomération nantaise avec les acteurs concernés. Les citoyens militants, ce sont les membres du collectif Romeurope. Et la situation délicate est à la fois simple et complexe.

Depuis plusieurs années, les militants de Romeurope multipliaient les prises de position sur le sort réservé aux familles Roms arrivées depuis le début des années 2000 dans notre région. Critiques envers l’Etat et les collectivités locales pour dénoncer des évacuations à répétition. Et revendication d’une politique publique beaucoup plus tournée vers l’intégration de ces européens qui ne jouissent pas encore de l’ensemble des droits que connaissent les autres citoyens de l’Union.

Après avoir évoqué pendant un temps un phénomène de « harcèlement » et une « chasse aux Roms », voilà que les membres du collectif sont dans l’embarras. A force d’occuper le terrain, au sens propre comme au figuré, ils sont devenus incontournables. Si bien qu’aujourd’hui, les décideurs politiques leur lancent un défi : convaincre les différents Maires de partir sur des projets d’intégration de familles Roms. Charge aux collectivités locales de financer les investissements techniques, par contre, charge aux associations de faire l’accompagnement social… Et d’en porter la responsabilité.

Les esprits mal placés diront que les élus locaux font preuve d’une certaine habileté. Ils s’impliquent pour qu’il y ait de réelles avancées, mais ils demandent aux associations de changer de rôle en s’engageant concrètement et officiellement. Pour le collectif, impossible de se défiler, mais difficile aussi de quitter le statut d’opposant sans s’interroger : comment conserver une parole libre quand on est soi-même en partie aux manettes ? Pour l’instant, l’heure est à la « réflexion collective » chez les militants de Romeurope…

Frédéric Lossent

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