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Entre les mailles du filet
Publié le 17/01/2011
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édito

« Sur les jeunes, il ne faut pas perdre de temps, sinon ils deviennent vieux après… » Cette petite phrase, c’est Martin Hirsch qui l’a prononcée la semaine dernière à Nantes. Une formule quelque peu ironique en réponse aux interrogations qui entourent le RSA jeunes. 



L’ancien haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté étaient en déplacement dans la région pour faire la promotion du service civique : « on vient ici pour mobiliser » a t’il dit. 6 000 contrats signés, bientôt 10 000 et peut-être 75 000 en 2014, c’est l’objectif. D’un côté, 6 000 jeunes en service civique, de l’autre 3 400 seulement qui seraient allocataires du RSA jeunes. Du point de vue des statistiques, c’est le grand écart ! Martin Hirsch n’a plus la responsabilité du revenu de solidarité active, mais il se sent doté d’ « une petite responsabilité morale sur le sujet » et rappelle l’ambition initiale de 200 000 jeunes concernés par la formule. « Peut-être que le verrou a été trop serré, tellement il y avait une crainte que ça déborde… Visiblement, ça ne déborde pas », concède l’ancien président d’Emmaüs France.

En attendant que le gouvernement prenne, ou pas, la décision d’assouplir les conditions d’entrée au RSA jeunes, ils seront encore quelques dizaines de milliers à tourner en rond dans un cercle très vicieux : pas assez de compétence et d’expérience pour trouver un vrai travail, trop jeune pour avoir de l’expérience, donc pas de revenu pour être autonome… Des perspectives peu encourageantes, à moins de faire partie des 60 premiers stagiaires de l’Ecole de la deuxième chance tout juste inaugurée à Nantes. Une école destinée aux « décrocheurs » du système scolaire qui pointent à Pôle emploi comme Julien, 22 ans. Même s’il est encore « un peu dans le brouillard », il est « très motivé » et espère rebondir grâce à cet établissement qui ressemble pour lui à un « prolongement de la 1ère chance. »

Le hic c’est que cette Ecole qui concentre beaucoup de moyens sur un petit effectif ne s’adresse pas au plus grand nombre. Alors la majorité des jeunes gens qui peinent à s’en sortir, cette majorité continuera à passer entre les mailles du filet. Mais que les décideurs publics se rassurent : « les jeunes (…), ils deviennent vieux après… »

Frédéric Lossent

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