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Une mobilisation qui a valeur de test
Publié le 14/03/2011
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édito

Le Canard social s’en est fait l’écho cette semaine, le secteur de l’hébergement d’urgence exprime des craintes sans précédent face à une rigueur budgétaire annoncée. Après les premières réactions, quelle mobilisation ? Sur le fond et la forme, la réponse aura une valeur de test pour le secteur associatif.



« On va aller au clash avec l’Etat, si c’est nécessaire », glisse un directeur de CHRS. « Il faut une mobilisation nationale », confie un autre. Après avoir découvert des orientations budgétaires en leur défaveur, les acteurs de l’hébergement d’urgence s’interrogent. Sont-ils capables d’avoir une analyse et une mobilisation communes pour se faire entendre ? Dans bon nombre d’associations, les conseils d’administration se sont donnés des rôles prépondérants de négociateurs avec l’Etat, au détriment de leur fonction politique. Forcément, ce n’est pas un atout pour taper du point sur la table.

Et puis, autre inconvénient majeur, l’éclatement du tissu associatif. Officiellement, les financeurs publics ne le disent pas aussi clairement, mais c’est tout comme : aujourd’hui dans l’urgence sociale, on se sait pas toujours qui fait quoi, avec quel budget, pour quel public et avec quels résultats… Alors, quand les cordons de la bourse se resserrent, chacun semble défendre son pré carré sans privilégier le collectif et le souci de l’intérêt général. Se présenter en ordre dispersé sur le champ de bataille, ce n’est pas un atout non plus.

Les associations doivent composer avec une autre difficulté. Auprès de qui, faut-il protester et revendiquer ? Les services de l’Etat en région appliquent une politique de rigueur nationale, avec des enveloppes ficelées non pas à Nantes, Le Mans ou Angers, mais à Paris. C’est donc sous les fenêtres des ministres et des parlementaires qu’il y aurait quelque chose à exprimer. D’autant que les responsables associatifs des Pays de la Loire ne cherchent visiblement pas à accabler les fonctionnaires des DDCS. Eux qui les décrivent comme « usés et fatigués » ou qui font remarquer en off que « depuis la RGPP, c’est le désert, là haut dans les bureaux, parce qu’il y a de moins en moins de monde. »

Alors aujourd’hui, les responsables associatifs ont sur le dos une pression considérable. S’ils veulent éviter d’endosser le rôle suicidaire de sous-traitant au rabais, ou s’ils veulent écarter la menace d’une mise sous tutelle directe de l’Etat, il est plus qu’urgent d’adopter une stratégie commune et ambitieuse. Et plus important que leur survie, il est question ici de la lutte contre l’exclusion. Surtout, comme le rappelle un professionnel angevin, qu’ « il n’y a jamais eu autant de besoins » et que « ça déborde de partout ».

Frédéric Lossent

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