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Patrick Cotrel : «Ne revivons pas la même expérience»
Publié le 19/07/2010
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A quelques semaines de la rentrée, Patrick Cotrel, le président de l’association Ecologie - Solidarité Pays de la Loire fait part de ses inquiétudes face au manque d’offres de contrats d’apprentissage. Cet ancien élu régional en charge de la formation professionnelle en appelle à la mobilisation de la Région et détaille ses propositions.  



Patrick Cotrel : "la Région a beaucoup travaillé sur la qualité de l'apprentissage (...) il serait dommage de saper ces efforts à cause d'un problème d'offre"

Le Canard Social : Vous venez d’adresser une lettre à Jacques Auxiette, président de région, concernant la formation des apprentis. Quel constat faites-vous ?

Patrick Cotrel : Notre constat est le résultat d’un historique. L’an dernier, quelques centaines de jeunes inscrits en CFA (Centre de formation d’apprentis) n’ont pas trouvé de contrats d’employeur et sont restés sans solution. On en a ainsi vu beaucoup abandonner pour s’orienter, par exemple, vers l’intérim. Ne revivons pas la même expérience cette année.

LCS : Comment expliquez-vous ces carences d’offres ?

Patrick Cotrel : La crise était la principale raison des difficultés constatées : lorsqu’il y a moins de perspectives de travail, c’est normal, un employeur hésite à engager un apprenti.

LCS : Des solutions avaient pourtant été envisagées l’an dernier pour répondre à la crise…

Patrick Cotrel : Une cellule de veille pédagogique avait été activée avec la région et le rectorat. Son but : faire un état des lieux de la situation des jeunes et trouver des solutions pour tous les candidats. Les CFA étaient chargés de faire remonter la liste des jeunes sans contrats. Et le rectorat de signaler les places vacantes qu’il pouvait proposer dans les lycées professionnels. 

LCS : Le dispositif Ithaque a également été activé. De quoi s’agit-il ?

Patrick Cotrel : Sous la responsabilité de la mission générale d’insertion (MGI), Ithaque permettait d’accueillir les apprentis en CFA sous statut scolaire. C’est-à-dire qu’au lieu d’être rémunérés par l’entreprise, ils étaient stagiaires. Ce statut scolaire n’est peut-être pas l’idéal mais l’important, c’est d’être capable de faire des propositions à ces jeunes qui, répétons-le, ne sont pas en échec scolaire. Ils ont juste des difficultés à trouver une entreprise.

LCS : Ces deux dispositifs ont-ils été satisfaisants ?

Patrick Cotrel : La cellule de veille a permis avec succès de proposer des places vacantes dans les lycées professionnels. Nous demandons à ce que la région la réactive à la rentrée. Le dispositif Ithaque n’a en revanche concerné que quelques élèves. Ceux-ci ont pu valider leur année. Tant mieux. Mais la particularité de cette expérimentation est de ne concerner que quelques formations, celles qui n’existent pas à l’Education nationale. Ithaque est soumis à des contraintes réglementaires importantes et ne constitue pas une réponse adaptée.

LCS : Dans votre lettre au conseil régional, quelles solutions préconisez-vous ?

Patrick Cotrel : La loi sur la formation professionnelle de 2009 donne la possibilité à la région de prendre la décision d’accueillir les apprentis sans contrats d’apprentissage dans les CFA. Nous souhaitons que la Région s’empare de cette faculté. Les jeunes commenceraient l’année dans les CFA avant de trouver une entreprise. Les encadrer est une meilleure solution que de les laisser dans la nature. D’autant plus que les branches professionnelles sont pour, elles l’avaient réclamé l’an dernier.

LCS : Qu’envisagez-vous si ces jeunes ne trouvent pas de contrats dans les premiers mois de leur formation?

Patrick Cotrel : Dans un deuxième temps, la question se posera. S’ils n’ont pas trouvé de contrat en décembre, il faudra envisager la possibilité de les maintenir en CFA tout en leur permettant de poursuivre des stages non rémunérés en entreprises. Pour cela, il faut obtenir du rectorat qu’il suive ces jeunes et valide leur année si elle se passe bien.

LCS : Vous soulevez dans ce courrier à Jacques Auxiette, le problème des fermetures d’entreprise. Qu’en est-il ?

Patrick Cotrel : Nous souhaitons qu’en cas de fermeture d’une entreprise à cause de la crise par exemple, ces jeunes  licenciés puissent bénéficier du même statut de stagiaire dans le CFA dont ils dépendent. D’autres régions, comme le Centre, l’ont fait. Les Pays de la Loire doivent le faire aussi.

LCS : Quels sont les enjeux de la formation professionnelle en Pays de la Loire ?

Patrick Cotrel : La région Pays de la Loire, en proportion de la population active, comporte le plus d’apprentis en France. Son budget se situe autour de 165 millions d’euros. La région a beaucoup travaillé sur la qualité de l’apprentissage pour faire en sorte de l’amener sur la voie de l’excellence. Elle a beaucoup travaillé sur la relation entre les CFA et les entreprises ou encore sur l’intégration des démarches de développement durable. Il serait dommage de saper ces efforts à cause d’un problème d’offre.

Propos recueillis par David Prochasson

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