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Professionnels, structures, particuliers
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L’évaluation… tout le monde s’y met
Publié le 04/04/2011
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édito

Au moment où des professionnels planchent sur l’évaluation réglementaire de leur travail, d’autres, parfois les mêmes, élaborent une évaluation plus informelle : celle des efforts de l’État pour l’action sociale.



La loi du 2 mars 2002 a introduit de nouvelles obligations pour les structures. La semaine dernière à Angers, une journée thématique sur l’évaluation est venue rappeler que les acteurs de terrain ont besoin d’échanger pour se mettre en conformité avec les textes. Pas facile de s’y retrouver dans les enjeux et les méthodes…

Si les professionnels vont un peu à reculons vers l’évaluation de leur propre travail, ils sont en revanche plus réactifs pour évaluer celui de la puissance publique. La politique d’accès aux soins, le financement des CHRS mais aussi les conditions de travail dans la santé et le médico-social : ces derniers jours, différentes mobilisations ont pointé des insuffisances selon les manifestants. « On brade la santé », s’indigne le mouvement Ni Pauvre, Ni soumis. « Carton rouge », brandit le secteur de l’urgence sociale, « la souffrance est passée sous silence », dénoncent les syndicats des personnels du médico-social.

Et si on devait évaluer ceux qui descendent dans la rue pour évaluer l’État et les parlementaires ? A l’applaudimètre, les contestataires font du bruit, mais sur le critère numérique, ils ne sont pas très imposants : quelques milliers à chaque round de mobilisation. Par contre, un autre critère leur est plus favorable, celui du slogan bien senti. Pour l’accès aux soins, il y a le genre parodique : « La privatisation, c’est mauvais pour la santé ». Pour les CHRS, le détournement imagé : « Nous sommes aujourd’hui, nous mêmes, victimes de maltraitance ». Et pour les personnels du médico-social, la métaphore percutante : « On est à 22 de tension ».

Maintenant, c’est comme avec la « loi 2002-2 », il reste un critère pour boucler le rapport d’évaluation des contestataires. Les efforts engagés seront-ils suivis d’effets ? Indifférence, petits gestes ou réels changements : la balle est dans le camp du gouvernement.

Frédéric Lossent

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