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Le « racisme anti-pauvres » bientôt illégal ?
Publié le 09/05/2011
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édito

Avant de disparaître pour rejoindre le giron du Défenseur des droits, la Halde a tenté d’ouvrir une brèche juridique dans la discrimination des pauvres. Elle recommande au gouvernement de s’intéresser aux « préjugés et stéréotypes dont souffrent les personnes en situation précaire ». De quoi favoriser la lutte contre l’exclusion ?



Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, ATD Quart Monde évoque son combat pour que la pauvreté soit reconnue comme un facteur de discrimination. Et le mouvement international parle d’une délibération de la Halde qui est source de « beaucoup d’espoir ».

Dans cette délibération datée du 18 avril 2011, la haute autorité revient sur un travail mené avec des chercheurs, des associations et des institutionnels sur les quartiers « sensibles ». Elle confirme que La Poste, des médecins, des banques, bailleurs, des commerçants tiennent compte de la réputation de certains quartiers pour considérer leurs habitants d’une façon pour le moins… méfiante. Mauvais payeurs, voisins peu recommandables, candidats à l’emploi peu motivés : les habitants des quartiers « sensibles » sont trop souvent victimes d’une stigmatisation qui n’est pas encore illégale.

Alors, la Halde recommande au législateur de considérer que l’adresse d’un citoyen doit être un critère de discrimination interdit, au même titre que le handicap, le sexe ou l’origine. Et s’agissant de l’origine, la haute autorité fait une remarque d’importance : « lors de certaines auditions, il a été regretté que le critère de l'origine sociale n’apparaisse pas dans le dispositif national de lutte contre les discriminations ». En d’autres termes, la Halde cherche à faire reconnaître officiellement que les pauvres peuvent être mis à l’écart tout simplement parce qu’ils sont pauvres.  Elle enjoint donc le gouvernement à « mener une réflexion sur l’intégration du critère de l’origine sociale dans la liste des critères prohibés et sur les modalités de prise en compte des préjugés et stéréotypes dont souffrent les personnes en situation précaire. »

De son côté, ATD Quart Monde espère que cette recommandation sera suivie d’effet pour réaffirmer que « ces comportements anti-pauvres ne sont pas admissibles ». Et pour le mouvement, il s’agit de « démontrer que, dans certaines situations, le fait d’être pauvre représente un obstacle supplémentaire que rien ne justifie. » ATD, tout comme les travailleurs sociaux qui agissent sur le terrain, ne focalisent pas leur temps et leur énergie sur les procédures en justice. Mais la loi DALO ou la loi de 2005 sur l’égalité des droits et des chances, pour ne citer qu’elles, démontrent que les textes juridiques sont indissociables de la lutte contre l’exclusion. Indissociables aussi de la mise en œuvre réelle de ces droits.

Frédéric Lossent

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