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Haro sur le cancer dans les discours !
Publié le 23/05/2011
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édito

Après les propos du ministre Laurent Wauquiez  sur le « cancer de la société », voilà que sa collègue du gouvernement Nora Berra parle du cancer dans la société. Derrière le même mot, un sens tout à fait différent et des intentions diamétralement opposées. Et pendant ce temps, la Ligue contre le cancer siffle la fin de la récré sémantique.



De petites phrases en campagnes de communication, il y a de la collusion dans l’air. En déclarant début mai que « l'assistanat est le cancer de la société française », Laurent Wauquiez cherchait à relancer le débat sur le RSA. Il a surtout déclenché la polémique que l’on sait. Parmi ses détracteurs, l’un s’est focalisé sur l’utilisation du mot cancer. Il s’appelle Gilbert Lenoir et c’est le président de la Ligue contre le cancer : « nous ne pouvons plus accepter, de la part de tous et encore plus de la part des représentants politiques, d’entendre le mot « cancer » utilisé n’importe comment ! »

Allusion faite à la déclaration de Laurent Wauquiez, mais aussi à la réaction de Ségolène Royale : « le cancer de notre société, aujourd’hui, ce sont les inégalités ». La Ligue est tellement en colère qu’elle a également dans le collimateur Silvio Bersculoni, pour qui les juges sont « le cancer de la démocratie ». Heureusement que les équipes de Ligue n’ont pas vu passer le communiqué de presse de la FNARS ! La fédération, qui fête cette semaine ses 25 ans de présence en Pays de la Loire, est elle aussi intervenue en déclarant : « le cancer de la société française, c’est le chômage ».

Pour en venir à l’idée de collusion entre les faits d’actualité, Nora Berra, la secrétaire d’Etat chargée de la santé vient de lancer une campagne de communication nationale avec l’Institut national du cancer. Comme son collègue des affaires européennes, elle a un objectif : « changeons de regard ». Non pas sur l’assistanat, mais sur les malades du cancer et avec l’intention de combattre la mise à l’écart. « Je suis une personne, pas un cancer », disent les hommes et les femmes en photo sur les affiches. En substance, le ministère de la santé cherche à faire passer le message qu’il y a « un décalage entre la représentation persistante d’une maladie incurable et la réalité actuelle, inscrite dans une dynamique de progrès. (…) La campagne de sensibilisation vise ainsi à favoriser un regard social moins distant, moins fataliste. »

Et tant qu’à combattre l’exclusion sociale, Gilbert Lenoir de la Ligue contre le cancer suggère de s’intéresser à la double peine des malades. « Le cancer provoque pour les familles de véritables barrières sociales : perte d’emploi, diminution des ressources et des remboursements, charges financières connexes (achat de prothèse, soins non remboursés, frais de garde d’enfants, etc.) » Finalement, le lien entre le cancer et la précarité retrouve tout son sens.

Frédéric Lossent

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