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Transports publics : les tarifs "sociaux" en vogue
Publié le 14/04/2010
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analyse

Certains voyagent gratuitement ou bénéficient de tarifs très réduits dans les transports publics. Ces aides «sociales» sont revisitées à la faveur de la crise. Le niveau des revenus compte de plus en plus.



La crise accentue le soucis de solidarité. (Photo : H. Heulot)

Le prix du ticket de bus ou de tram baisse à partir de 60 ans à Nantes. Au Mans, c’est à 65. D’une ville à l’autre, d’un département à l’autre, les tarifs sociaux appliqués aux populations jugées les plus fragiles varient. La crise est là, l’âge de la retraite entre en discussion. Ils devraient donc encore évoluer. Le nombre de personnes aidées doit-il augmenter ? Davantage dépendre des revenus ? Le coût de ces tarifs spéciaux doit-il continuer à d’être assumé par le secteur transport ou par les services sociaux ? Ces questions ne font que poindre dans les Pays de la Loire mais elles sont discutées parce que les collectivités sont les premiers financeurs (entre 60% et 90%) des transports publics. Pour le train c’est la Région, pour les cars les départements, pour le bus et le tram les villes. Les tarifs sociaux sont ensuite un sujet bien trop sensible pour que les Politiques ne s’en occupent pas. La crise a conforté toutes ces réductions et exonérations qui profitent déjà aux personnes les plus fragilisées par elle, pour l’essentiel les chômeurs et les personnes à bas revenus. A Nantes, Gratuité pour les chômeurs, personnes en contrat d’insertion et toutes celles en recherche d’emploi dont les ressources  sont inférieures au Smic ( 28 000 bénéficiaires) , ainsi que pour les personnes de plus de 60 ans bénéficiant de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l’allocation supplémentaire pour invalidité. Au Mans, 10 euros par trimestre pour les chômeurs et gratuité en fin de droits. 16 euros par mois au maximum pour les personnes de plus de 65 ans. A Laval, 4 euros par trimestre pour les chômeurs. La moitié du prix pour les bénéficiaires de la CMU. A La Roche-sur-Yon, gratuité pour les chômeurs. A l’échelle régionale, avec son «acticarte», le chômeur prend le TER (transport express régional) avec 75% de réduction dès lors que ses revenus sont inférieurs à 80% du Smic brut. 

Moins que le ticket unique à 2 euros
Partout, les niveaux de réduction sont élevés. Y compris dans les cars départementaux déjà très peu cher avec leur tarification unique à 2 euros en Loire-Atlantique, en Vendée, en Sarthe. Gratuité en Loire-Atlantique, en Sarthe, pour les chômeurs. Gratuité aussi en Vendée pour des recherches d’emploi, réduction de 50% pour des déplacements personnels. Aux personnes handicapées, la Sarthe leur propose du porte-à-porte au prix d’1,50 euros les 10 voyages. «A ces tarifs, nous n’avons pas besoin d’en rajouter beaucoup du côté social», explique Jean-Jacques Bougault, directeur des transports départementaux au Mans. 

La SNCF crée une nouvelle carte
La crise accentue encore ce souci de solidarité. A la Roche-sur-Yon, les transports publics ne sont plus organisés depuis le 1er janvier par la ville mais par la nouvelle agglomération. Elle entend «renforcer sa tarification sociale». Nantes se demande comment répondre aux besoins de nouvelles catégories de gens aux faibles revenus : les étudiants boursiers, les salariés au RSA. La SNCF a créé l’an dernier une nouvelle carte pour les familles aux revenus très modestes avec un ou deux enfants. «On ne dira jamais assez l’importance des aides aux transports, en particulier pour les demandeurs d’emplois, parce qu’ils doivent multiplier les déplacements comme jamais. Non seulement pour venir à nos rendez-vous mais pour suivre des formations à l’extérieur et pour être embauchés. Avant de décrocher un emploi ils sont souvent conviés plusieurs entretiens chez le même employeur», indique Marie-Madeleine Lecoguic, directrice à la maison de l’emploi de Nantes, dans le quartier de Bellevue. 

Les tarifs sociaux coûtent cher 
Mais les tarifs sociaux dans les transports publics pèsent malgré tout, de plus en plus, sur les finances publiques. L’ «Acticarte» régionale coûte 1,3 million d’euros par an. Nantes a distribué 28 100 titres de gratuité (+4%) en 2009.  Le département de Loire-Atlantique 7000. «Ces passagers, parmi d’autres, nous font mettre en place, de plus en plus souvent, des seconds cars quand les premiers sont pleins», indique Jacques Laissus au Conseil général de Loire-Atlantique. Les élus songent à faire évoluer le système. A Strasbourg et à Grenoble, il n’y a plus de catégories de personnes «aidées» ! A la place, des réductions proportionnelles au quotient familial, autrement dit aux «vrais» revenus non pas des individus mais des foyers. Un système plus juste et peut-être plus économique pour la ville mais il faut le gérer. «Je ne veux pas transformer les bureaux de la société de transport public en succursales de la Caisse d’Allocations Familiales», explique Jean-François Soulard, élu en charge des transports à Le Mans Métropole. A Saint-Nazaire, c’est l’inverse. Aucune réduction dans le réseau de transport, que des exonérations accordées et payées directement par les mairies. Transport et solidarité sont définitivement scindés.
Hubert Heulot
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