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Pas de mot magique
Publié le 24/05/2010
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édito
Il faut appeler un chat un chat ! Facile à dire, mais la langue française n’a pas de mot magique pour tout.

de qui s'agit-il, d'usagers? De bénéficiaires? De public? (Photo : C. Petident)

Enquiquinés les professionnels de l’action sociale, enquiquinés ceux et celles qui sont au quotidien dans l’aide caritative ou plus largement dans l’aide à la personne ! Enquiquinés quand il s’agit de nommer les destinataires de l’aide en question. Surtout lorsque celle-ci s’inscrit dans le droit. Rajoutons que si l’aide est parfois gratuite elle peut aussi être payante.

Concrètement : on entend le plus souvent parler d’usager, de bénéficiaire ou de public.  Mais «usager» est soit trop institutionnel soit trop proche de consommateur. D’autres jugent que «bénéficiaire» sous entend une idée d’assistanat, quant à «public» c'est un fourre tout policé, impersonnel, mais bien pratique à utiliser.

Ici on vous parlera de «personne aidée», là ce sera «les gens que l’on reçoit», «les gens que l’on touche», «nos habitués». Institutions, services publics, associations, chacun semble chercher le mot le plus juste mais personne n’y parvient vraiment, en revanche tous sont assez prompts à reprendre le visiteur qui aurait l’audace d’utiliser un terme inhabituel. Or les mots ont leur importance. «Qualifier de bénéficiaire quelqu’un qui obtient ce qui est en fait un droit et qui en plus vit une situation qu’il n’a pas choisi, je me l’interdis» nous expliquait dernièrement un travailleur social. Par exemple, est-ce juste de dire qu’untel «bénéficie» de l’allocation spécifique de solidarité ? S’il en bénéficie on sous-entend, à en croire notre ami le Petit Robert, qu’il «profite d’un avantage». L’ASS est-elle un avantage ?

Le secteur social est empêtré entre sa volonté de déculpabiliser en permanence l’usager-bénéficiaire-public et la nécessité de rappeler que tout ce qui est mis en place a une valeur, voire un coût,  que rien n’est définitivement acquis.

Le secteur marchand a bien de la chance lui, on y parle de client, c'est simple ! Et l’ironie c’est que le client a non seulement des droits mais aussi des avantages, en quelque sorte il est aussi bien usager que bénéficiaire !!!!

Cécile Petident

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