S'identifier


Mot de pase oublié ?
s'abonner
Professionnels, structures, particuliers
Abonnez-vous!
Extension du domaine de la lutte
Publié le 31/05/2010
partage

tags
édito

Emploi, retraite et conditions de travail. La semaine dernière, ces trois mots d’ordre ont poussé dans la rue plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la région. Comme à chaque grand raout, les mégaphones ont crépité pour «lutter».



Manifestation du 27 mai dans les rues de Nantes

« Le financier et le social sont incompatibles » : ça, c’est pour les traders et les banques. « Camarades, on nous ment et vous l’avez compris » : en ligne de mire, le gouvernement. « Nous exigeons une autre répartition des richesses » : le Medef est demandé à la caisse centrale. Les ténors syndicaux ont cherché comme toujours à galvaniser les foules. La lutte, c’est leur domaine.

Et puis à Nantes, devant 10 000 peut être 15 000 personnes, un lycéen, tout juste 18 ans, a pris la parole au nom d’un « collectif de rassemblement de la jeunesse ». Pas rodé à l’exercice, il a les mains qui tremblent mais la voix déterminée : « on travaille pour vivre, on ne vit pas pour travailler ! » La lutte, c’est son nouveau domaine.

Plus tard, dans le cortège, un manifestant s’accroche à une banderole « régularisation des travailleurs sans papiers ». Depuis un an avec deux autres collègues « sans papiers », ils dénoncent « une sous catégorie de travailleurs ». Ils sont sur la place publique, leurs visages sont connus, ils veulent se remettre au boulot légalement. Pour eux, un impératif : étendre le domaine de leur lutte.

Le lendemain de cette journée de mobilisation nationale en demi-teinte, autre lutte, autre acteur : le Premier Ministre annonce de nouveaux efforts dans l’accompagnement de futurs salariés licenciés. Ceux de Saint-Nazaire sont maintenant concernés. Extension du domaine de sa lutte.

Autour du travail, chacun lutte dans son coin. Pour quelque chose, contre quelqu’un, l’inverse ou les deux en même temps. Et la lutte vraiment commune dans le domaine de l’emploi, c’est pour quand ? Comme disait un manifestant l’autre jour, « il y a deux attitudes possibles : la résignation ou la mobilisation… Mais en fait, on n’a pas le choix, faut se mobiliser. »

Frédéric Lossent


newsletter
facebook