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Sursis pour les familles étrangères menacées d’expulsion à Nantes
Publié le 07/05/2012
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reportage
étrangers
Nantes
HUDA
Aida

Pour quelles raisons Aida, la plateforme d’accueil des demandeurs d’asile, a-t-elle signalé à près de 40 familles étrangères qu’elles devraient quitter leur hébergement à partir du lundi 7 mai ? La préfecture de Loire-Atlantique est formelle : « En aucun cas, elle n’a donné une telle consigne à l’opérateur », assure le sous-préfet Jean-Gabriel Delacroix. Dans un contexte de restriction des budgets alloués à l’hébergement d’urgence, les militants associatifs restent vigilants.



Une cinquantaine de militants associatifs se sont réunis lundi matin à Nantes en soutien aux familles étrangères menacées d'expulsion (photo: D. Prochasson)

Le courrier avait été adressé jeudi dernier aux familles étrangères et aux résidences hôtelières les hébergeant. Selon Annie Richard, de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Aida, la plateforme d’accueil des demandeurs d’asile, signalait la fin de la prise en charge des hébergements d’urgence pour quelques 150 familles déboutées du droit d’asile. « Un hôtel a même contacté la police dès jeudi pour expulser les familles qu’il accueillait », rapporte Annie Richard. Il n’en sera rien. Aucune famille ne devrait quitter, du moins en mai, son hébergement. « Nous n’avons pas donné d’instruction allant dans ce sens », assure le sous-préfet de Loire-Atlantique, Jean-Gabriel Delacroix, qui a reçu ce lundi matin une délégation composée de responsables associatifs et de familles.

Vigilance

Pourquoi alors un tel courrier ? Aida n’a pu être joint par le Canard Social ce lundi, pour expliquer ses motivations. La préfecture devrait rencontrer l’opérateur « dans les prochains jours » : « Ce sera une question à poser », explique le sous-préfet. Dans l’immédiat, les familles sont soulagées. Mais pas vraiment rassurées. Les tensions sur le financement des places en hébergement d’urgence pour les demandeurs d’asile déboutés de leur demande sont bien réelles. « Il faudra rester vigilant, explique Annie Richard, à la LDH. On a exigé qu’il n’y ait de rupture d’hébergement pour personne. »

Parmi les 150 personnes menacées d’expulsion, toutes ont été déboutées du droit d’asile. « Mais pour certaines, elles ont des titres de séjour en cours d’obtention pour raison de santé ou raison familiale ou bien elles ont d’autres démarches en cours et des possibilités de réexamen. » Malgré ces situations d’une grande diversité, les militants associatifs maintiennent une position claire : « On refuse de faire des différences entre certaines personnes sans droits et d’autres avec des droits », souligne Annie Richard.

Selon la préfecture, le nombre de demandeurs d’asile a augmenté de 31% entre 2010 et 2011. Et les crédits alloués à l’hébergement d’urgence des demandeurs d’asile (HUDA) sont passés en 2009 de 1,5 millions d’euros à 4,5 millions en 2011. Une augmentation des dotations qui cache la saturation et le manque de moyens alloués au dispositif de logements en Cada. Ces Centres d’accueil, censés être en capacité d’héberger les personnes qui en font la demande, logent en réalité moins de 30% des demandeurs d’asile.

David Prochasson

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