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Flou et incertitudes autour du premier accueil des demandeurs d’asile
Publié le 12/05/2012
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analyse
Nantes
Aida
Demandeurs d'asile
OFII

Elles sont trois. Trois associations prestataires de la plateforme régionale Aida : Passerelles en Vendée, Tarmac en Sarthe et France Terre d’Asile en Mayenne. Faute de financement, ces antennes départementales ont décidé de suspendre, depuis lundi 7 mai, la domiciliation des demandeurs d’asile. Un geste qui pose la question de l’organisation du premier accueil de ces migrants en Pays de la Loire, désormais orientés à Nantes. 



Depuis le 7 mai, les demandeurs d'asile de la Sarthe, de la Mayenne et de Vendée sont orientés vers la plateforme régionale Aida à Nantes (photo : archives LCS).

Qui, de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ou de la Préfecture, doit financer la domiciliation des demandeurs d’asile en Pays de la Loire ? Face à l’absence de réponse, les trois antennes départementales de Vendée, Sarthe et Mayenne, ont cessé lundi 7 mai d’assurer leur mission de domiciliation, d’accueil et d’accompagnement des primo-arrivants. « On a sollicité l’OFII fin 2011, nous n’avons pas eu de réponses, ce qui équivaut à un rejet, explique Rodolphe Chauvin, du pôle demandeurs d’asile à Passerelles. On ne veut pas engager les fonds de nos associations si l’on n’a pas de garantie de financement. »

Double particularité en Pays de la Loire

Depuis la régionalisation de l’accueil des demandeurs d’asile, en 2009, la région s’était organisée autour, non pas d’une plateforme mais de deux plateformes d’accueil des demandeurs d’asile, à Nantes et Angers. En parallèle, trois prestataires de la plateforme nantaise, permettaient d’assurer le premier accueil dans les départements de Vendée, Sarthe et Mayenne. « Cette organisation a été validée par la préfecture qui en a par la suite fait l’éloge », indique Bob Saboureault, directeur du pôle veille sociale à Tarmac dans la Sarthe.

« La démarche, qui permet de faire baisser la pression sur les dispositifs nantais est intéressante, poursuit Jean-Claude Laurent directeur d’Aida. On a montré que le modèle pouvait fonctionner. » Et c’est pourtant toute cette organisation qui peut être remise en cause.

Ce qui a changé cette année

Avant le 1er janvier 2012, l’OFII finançait la plateforme associative régionale Aida. Mais les antennes départementales (Passerelles, Tarmac et France Terre d’Asile) étaient, elles, financées par le ministère de l’intérieur, via le Budget opérationnel de programme (BOP) 303. Elles avaient obtenu en 2011 un financement de 165 000 euros pour assurer près de 150 domiciliations chacun.

Ce qui change la donne depuis le 1er janvier 2012, c’est que l’OFII est censé être l’unique financeur du dispositif de premier accueil. Et le flou vient de l’organisation propre aux Pays de la Loire : qui doit financer les antennes départementales ? « L’OFII finance la partie qu’il reconnaît, c’est à dire Aida, explique Bob Saboureault, à Tarmac. Et il veut faire céder la préfecture de région, en considérant que c’est à elle de financer son organisation particulière. »

Dans l’immédiat, les demandeurs d’asile doivent s’adresser à la plateforme régionale Aida, basé à Nantes, qui croule déjà sous le nombre des demandes d’asile. En décembre dernier, la saturation de la plateforme angevine avait conduit à orienter les demandeurs d’asile isolés à Nantes. La suspension de la domiciliation en Vendée, Sarthe et Mayenne, pourrait davantage saturer les dispositifs d’hébergement et d’accompagnement de la région nantaise. « On attend une réponse des services de l’État, indique Rodolphe Chauvin à Passerelles. La balle est dans leur camp. »

David Prochasson

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