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L’inclusion, mot d’ordre d’un candidat handicapé aux législatives
Publié le 07/06/2012
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Candidat des personnes handicapées ou de tous les citoyens ? Telle est la question que nous avons voulu poser à Jean-Louis Fontaine, président du Collectif des démocrates handicapés (CDH) et candidat aux législatives dans la première circonscription du Mans sous la bannière de l’Alliance écologiste indépendante (AEI). Réponse en forme de parcours de ce militant en fauteuil roulant.



Jean-Louis Fontaine, président du Collectif des démocrates handicapés (CDH) et candidat aux législatives au Mans, où il s'est installé en début d'année. (photo: A.Penna)

Il a quitté depuis quelques mois seulement la grande banlieue parisienne pour élire domicile au Mans. Au sixième avec ascenseur et vue plongeante sur la cité, au sens urbain et politique du terme. Jean-Louis Fontaine, 57 ans, bureau et chevelure en bataille, est le président actuel du Collectif des démocrates handicapés (CDH), un petit mouvement politique comptant 350 encartés de différentes sensibilités. Il se moque des appartenances et des apparences, en commençant par la sienne. Il reste essentiellement chez lui derrière ses deux ordinateurs, de 4 heures du matin à minuit.

Candidat officiel depuis à peine deux semaines pour être député de la 1ère circonscription du Mans, le président du CDH fait surtout campagne sur le web. «  Question de réseaux et de moyens », explique t-il, lui qui est quasiment inconnu localement, et en tout cas moins connu en France que le fondateur de son mouvement avec qui il échange régulièrement : Jean-Christophe Parisot, seul préfet handicapé de France. C’est donc par mail plus que par tracts que Jean-Louis Fontaine diffuse sa profession de foi : « Un citoyen libre en politique, au delà du clivage droite-gauche, au service de chacun pour le bien-être de tous.» Vraiment de tous ?

Candidat en situation de handicap…

Certes, ça saute aux yeux, Jean-Louis Fontaine est un militant politique en situation de handicap moteur. Ancien éducateur spécialisé dans des foyers pour jeunes, échaudé pendant sa formation par les « méthodes inhumaines » de certains établissements pour handicapés,  il est passé « de l’autre côté de la barrière » en 1989. Un mauvais réveil suite à une anesthésie, un accident, des béquille et finalement ce fauteuil roulant qui lui sert aussi de siège de bureau : il est donc l’un des 12 millions de français en situation de handicap. « Nous représentons 14% de l’électorat, mais nous sommes invisibles en politique : il n’y a aucun député ou sénateur handicapé », déplore Jean-Louis Fontaine.

Alors, s’il a décidé de s’engager en politique, c’est bien pour faire avancer la question du handicap sur ce terrain.  « Après mon accident, j’ai connu la même galère que la plupart des adultes handicapés. Pour ne pas sombrer dans l’assistanat, j’ai voulu devenir acteur de ma propre vie». A l’époque résident à Pertuis, dans le Vaucluse, il a été conseiller municipal  sous l’étiquette MRG (Mouvement radical de gauche), avant d’entrer au CDH en 2002 « pour sortir des clivages droite-gauche ». Il a été aussi 14 ans administrateur du CCAS de cette commune, en essayant de ne pas s’occuper que des personnes âgée ou handicapées, pour ne pas être « que le fauteuil roulant de service ».


…dans une démarche d’inclusion

Jean-Louis Fontaine insiste : il faut défendre les droits des personnes handicapées dans une logique d’inclusion. Il tient à retourner l’habituelle question « qu’est ce que la société peut faire pour les personnes handicapées ? »  pour demander plutôt « qu’est ce que les personnes handicapées apportent à la collectivité ? » C’est le sens du slogan que le CDH s’est choisit en 2007, tout en réformant ses statuts : « le handicap, une chance pour la France ». Selon le président du CDH, penser ainsi est la seule manière de rendre effectif l’esprit de la loi de 2005, de dépasser la bataille pour l’intégration  pour entrer vraiment dans une phase d’inclusion. Il donne un exemple plus que concret : la construction de toilettes publiques entièrement accessibles « au final moins chers, plus confortables pour tous les citoyens notamment quand ils deviennent plus âgés. »

Dans cette logique non communautariste, pour rester autonome politiquement mais parce que l’union fait la force, le CDH a passé un accord national avec l’Alliance écologiste indépendante (AEI). « Nous sommes complémentaires : l’émergence de nouvelles pathologies ou le retour de maladies viennent pour beaucoup de problèmes d’environnement.» En étant lui-même l’un des 10 candidats CDH aux législatives sur les 350 de l’AEI, Jean-Louis Fontaine se « mouille aussi ». Même s’il n’a que peu de chances d’être élu…

… pas toujours facile à tenir

Sincèrement motivé mais lucide, il le reconnaît volontiers : « je n’ai pas pu m’investir comme je l’aurai voulu ». Il est difficile de faire campagne encore au milieu des cartons, même en négligeant ses dossiers administratifs personnels et ses activités professionnelles axées sur le handicap et la dépendance. Il tente de développer un service de formation et consulting en politique du handicap. Il est aussi rédacteur du site la maison de l’autonomie et du réseau Handicap du site Tessolidaire.com. Autant de travail derrière ses deux ordinateurs plus qu’en réunion dans la cité, ce qui ne doit pas l’aider…

Mais imaginons qu’il soit élu ? « Je ne serai pas le représentant des personnes handicapées, ni celui d’une tendance politique », martèle-t-il en écho à sa profession de foi. « Mais je me positionnerai sur des  projets, liés bien-sûr à des sujets que je maîtrise, toujours avec cette question : qu’est ce que le handicap peut apporter en plus ? », insiste encore Jean-Louis Fontaine, rappelant que son mouvement a 250 propositions en stock.

Dimanche pour le premier tour, il descendra à la préfecture, située juste en bas de chez lui, pour attendre les résultats.

Armandine Penna

Sont aussi candidats dans la 1ère circonscription du Mans :

Françoise Dubois (PS), Ambre Combes (NPA), Gérard Couvert (DVD), Catherine Gouhier (EELV), Isabelle Horen (MPF), Fabienne Labrette-Ménager (UMP), Jean-François Le Gras (FN), Sylvie Maillet (LO), Guy Robert (MoDem), Thierry Samain (FDG). 

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