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En Loire-Atlantique, l’aide sociale à l’enfance suscite toujours l’inquiétude
Publié le 20/06/2012
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Il ne faut rien y voir d’autres qu’une coïncidence : au moment où le procès de l’affaire Marina met en cause l’aide sociale à l’enfance dans la Sarthe, des professionnels alertent sur les difficultés que rencontre le secteur en Loire-Atlantique. Cette fois, la problématique est bien différente : dans un courrier adressé au président du Conseil général, les salariés de cinq structures et du Département, constatent que les « conditions d’accueil des usagers et les moyens alloués ne s’améliorent pas ». Ils demandent des engagements du Département. 



Des associations déplorent le manque de place d'accueil en institution et en famille d'accueil (Illustration : A. Penna).

Leur constat est précis, la démarche -elles l’assurent- se veut constructive. Cinq structures (Enfance & Famille, le Service social de protection de l’enfance, l’Étape, Action éducative et la Sauvegarde) ainsi que des salariés du Département viennent d’adresser un courrier au président du Conseil général de Loire-Atlantique dans lequel elles dressent un bilan des difficultés rencontrées dans le secteur de la protection de l’enfance. « On souhaite faire avancer les choses, assure Julien Gagneux, secrétaire du comité d’entreprise de l’association Action éducative (AAE). Et on aimerait rencontrer à nouveau les représentants du Conseil général pour leur faire entendre des choses dont ils n’ont peut-être pas conscience. »

En mars 2011, quatre associations du secteur avaient fait part de leur désarroi face aux restrictions budgétaires qu’on leur imposait, avant d’être reçues par quatre représentants du Conseil général. Qu’en est-il un an après ? « Force est de constater que les conditions d’accueil des mineurs, des jeunes majeurs, du travail auprès des familles, et les moyens alloués aux services et professionnels engagés dans la protection de l’enfance ne s’améliorent pas », écrivent les associations avant de préciser : « Le sentiment de ne plus pouvoir réaliser correctement les missions pour lesquelles nous sommes mandatés persiste, au détriment des usagers et tout particulièrement des enfants. »

Placements inexécutés

En premier lieu, les associations déplorent le manque de places d’accueil en foyers éducatifs ou en familles. « Des placements ordonnés par le juge ne sont ainsi pas réalisés, relève Julien Gagneux à l’AAE. Il y a en permanence entre 50 et 100 mineurs qui attendent une place et les délais dépassent souvent trois mois et peuvent aller au pire jusqu’à un an. » Le dispositif d’accueil d’urgence, censé accueillir les enfants placés dans l’attente d’une situation stable, est lui aussi saturé. « Quand la maltraitance d’un enfant est importante, cet engorgement des dispositifs peut avoir des conséquences graves », craint Julien Gagneux.

Également dans la ligne de mire des salariés du secteur : la question des mineurs étrangers isolés (MIE) qui, ballotés entre les responsabilités de l’État et des Conseils généraux, « ne disposent pas de réelles mesures d’accompagnement ». « Le Conseil général demande aux associations de faire sortir ces jeunes des foyers, explique Julien Gagneux. Mais il ne faut pas les lâcher, ils ont leur place dans notre accompagnement. »

Saturation du suivi éducatif

Les dispositifs de suivi éducatif en milieu ouvert ne se portent pas mieux, selon les associations. C’est le cas de l’assistance éducative en milieu ouvert (AEMO), « complètement saturée, avec des listes d’attente de plusieurs mois sur le département ». « Le nombre de mineurs suivis par des travailleurs sociaux en AEMO ne permet pas une intervention de qualité auprès des familles », constatent les associations.

Malgré un bilan négatif, les représentants des structures constatent toutefois des efforts du côté du Conseil général. Quatre postes ont par exemple été créés dans le cadre de l’intervention soutenue à domicile (ISD) et de l’aide éducative à domicile (AED), reconnaissent les associations. « Seulement, sur le terrain, les difficultés persistent », assure Julien Gagneux à l’AAE.

Sollicité par Le Canard Social, le Conseil général fait savoir qu’il prendra le temps de répondre aux associations - dans les jours à venir - avant de s’exprimer. S’il se dit « conscient des difficultés et des inquiétudes », le Département tient néanmoins à rappeler ses efforts financiers : avec plus de 105 millions d’euros consacrés en 2012 dans le secteur de la protection de l’enfance, le budget du Conseil général est cette année en augmentation de 7,5%.

Le Département travaille actuellement à une refonte du secteur de la protection de l’enfance. Une réflexion à laquelle les salariés aimeraient être associés.

David Prochasson

Mise à jour du 20/06/12: le budget consacré à la protection de l'enfance a augmenté, entre 2011 et 2012, de 7 millions d'euros pour atteindre plus de 105 millions d'euros et non 7 comme nous l'avions écrit.

Lire également notre dossier sur le malaise dans la protection de l'enfance

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