S'identifier


Mot de pase oublié ?
s'abonner
Professionnels, structures, particuliers
Abonnez-vous!
Un pied en foyer jeune travailleur et l’autre en logement social
Publié le 19/07/2012
partage

tags
Actualité
logement
social
hlm
USH
habitat
jeune
foyer
partenariat
URHAJ

C’est un nouveau partenariat entre l’USH et l’URHAJ. Les associations habitat jeunes, gestionnaires des foyers jeunes travailleurs (FJT), ont désormais accès aux fichiers de demandes HLM. Cela leur permet de repérer les jeunes potentiellement intéressés par une place provisoire dans leurs résidences. Une expérience lancée à l’échelle de la Loire-Atlantique. 



La convention récemment signée entre L’USH et l’URHAJ veut faciliter le parcours des jeunes entre foyers jeunes travailleurs et HLM (photo : archivres Canard social).

« Je suis un jeune en galère niveau boulot. J’avais fait une demande de logement social à Nantes, mais je n’osais plus espérer une réponse positive...Et c’est là que j’ai reçu un coup de fil d’une association habitat jeune, qui m’a proposé une chambre immédiatement disponible dans un foyer à Saint-Nazaire (44). Ça tombe bien car je viens de décrocher un CDD de quelques mois dans cette ville ! Après, on verra bien pour le HLM. »

Partage de fichiers

Voilà le genre de scénario type visé par l’accord entre l’Union sociale pour l’habitat (USH) des Pays de la Loire et l’Union régionale des associations d’habitats jeunes (URAJH). Les associations habitats jeunes de Loire-Atlantique peuvent désormais accéder au fichier informatique des bailleurs sociaux centralisant toutes les demandes (fichier géré par le CREHA ouest). Elles peuvent ainsi repérer des jeunes potentiellement intéressés par un logement provisoire dans leurs foyers ou résidences. Les deux unions s’y étaient engagées dans le cadre des États généraux du logement 2011, axés sur le thème « Être jeune et habiter en Pays de la Loire ». L’expérimentation est effective en Loire-Atlantique depuis le 9 juillet dernier. Elle doit durer un an.

Entrée et sortie

« Le premier intérêt est de fluidifier le parcours résidentiel du jeune entre nos deux parcs », répètent à l’unisson les deux réseaux. « Les listes d’attentes en logement social sont parfois longues. L’idée est de pouvoir proposer une solution de logement autonome le plus rapidement possible », explique Samuel Mainguet, délégué régional de l’URHAJ Pays de la Loire. En même temps, il reconnaît que cela peut permettre à son réseau de remplir ses résidences, en tout cas dans les territoires détendus, et d’y favoriser une certaine mixité sociale.

« Le pari qu’on fait est que certains jeunes peuvent être intéressés par une solution transitoire le temps d’une formation, un cdd, un travail saisonnier ou encore en intérim », rencherit Myriam Plomb-Foulgoc, directrice adjointe de l’USH Pays de la Loire. Elle confirme qu'en terme de priorités, les jeunes et leurs demandes récentes ne sont pas en haut des listes d’attente des bailleurs sociaux. Elle insiste : « Il s’agit bien de leur proposer un logement en FJT, qui a un caractère temporaire, tout en maintenant leur demande de logement social, qui a un caractère pérenne. »

L’engagement est donc aussi de favoriser « la sortie » du jeune : les associations habitat jeunes en l’accompagnant pour préciser son projet HLM, notamment en terme de géographie et de calendrier ; les bailleurs en étant à l’écoute des besoins relayés par ces associations.

Un cadre réglementé

La collaboration entre les deux réseaux existait déjà. D’autant plus qu’ils sont des partenaires historiques : dans environ 75% des cas, les bailleurs sociaux sont propriétaires des FJT, les associations habitat jeunes n’en étant que les gestionnaires. Mais cette ouverture des fichiers informatisés de demandes locatives doit faciliter encore la collaboration.

Et ce partage de fichiers est-il permis, sécurisé ? Les partenaires rassurent : l’ouverture des fichiers de demandes locatives aux gestionnaires des résidences habitat jeunes n’a pu se faire sans l’aval des services de l’État (la Dreal, direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) et de la CNIL (Commission nationale informatique et liberté). Tout ça dans le cadre réglementaire de l’article R441-2-6 du Code de la construction et de l’habitation (CCH) et de l’arrêté du 25 novembre 2010, précisant justement les conditions légales d’une telle démarche. Le CREHA Ouest, gestionnaire des fichiers centralisés, met techniquement en œuvre cet accès.

Limites

Reste qu’il va falloir veiller à ce que les uns n’empiètent pas sur les plates bandes des autres. Ce n’est pas pour rien si cette expérience démarre dans un département « tendu ». Elle sera plus difficile à mener dans des départements ruraux « détendus » comme la Mayenne et la Sarthe, où HLM et foyers sont en concurrence. Pour autant, c’est aussi le cas dans certains territoires de la Loire-Atlantique, comme par exemple le nord du département…

Myriam Plomb-Foulgoc annonce des « bilans réguliers, pour voir si un système de régulation s’avère nécessaire ». Et puis l’expérimentation doit aussi permettre de savoir si les jeunes qui ont demandé un HLM plutôt qu’un FJT l’ont fait par oubli, par méconnaissance ou en totale connaissance de cause ? Bilan général dans un an.

Armandine Penna

newsletter
facebook