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Romeurope: «C’est aux professionnels de proposer des solutions»
Publié le 03/09/2012
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Romeurope

Trois mois après avoir sollicité les instances locales et dix jours après la tenue d’une réunion interministérielle à Matignon, le collectif Romeurope de Nantes vient de réitérer sa demande de table ronde autour des Roms de l’agglomération. Catherine Frapard, membre du collectif Romeurope à Nantes et au niveau national où elle représente Médecins du Monde, explique ce qu’elle attend de cette rencontre.



Catherine Frapard est membre du collectif Romeurope à Nantes et au niveau national où elle représente Médecins du Monde (photo D. Prochasson).

LCS : Voyez-vous un infléchissement de la politique envers les Roms dans l’agglomération nantaise ?

Catherine Frapard : Non, rien n’est perceptible en ce sens aujourd’hui. Sur les terrains qui appartiennent notamment à Nantes Métropole, on attend qu’il y ait une attention aux situations des personnes et non des procédures d’expulsion. Les décisions de justice, quand elles sont prises, évidemment s’appliquent. Mais on demande de pouvoir aborder la rentrée de manière sereine : un moratoire doit ainsi être entendu sur les expulsions pour que s’engage localement un travail de concertation.

LCS : Comment pensez-vous être associé à cette concertation ?

Catherine Frapard : On connaît la situation des différents terrains et des personnes qui les occupent et que l’on accompagne au quotidien. On est légitime à participer aux discussions et on ne comprendrait pas de ne pas être associé. La priorité sera de faire un diagnostic des situations, très diverses. Et c’est notamment sur ce point qu’on pourrait intervenir. Actuellement, les pouvoirs publics, avec les évacuations de terrains, ont une approche collective. Ce qui est important, c’est la prise en compte des personnes. Il faut entendre les projets de chaque famille.

LCS : En matière d’hébergement, vers quelles solutions peut-on tendre ?

Catherine Frapard : On ne va pas reloger tout le monde de la même manière. Cela se fera en fonction de la situation de chacun, en les associant. Il y a des expériences menées, des terrains conventionnés aux villages d’insertion -avec les limites que ceux-ci comportent. Si l’on veut régler le problème du logement rapidement, il y aura peut-être des étapes. Mais l’idée générale, c’est que le droit commun prévaut.

LCS : Et s’il y a des étapes intermédiaires à mettre en place, quelles solutions privilégieraient le collectif ?

Catherine Frapard : Nous, on a la connaissance des familles. Mais l’engagement citoyen et bénévole a ses limites. C’est aux professionnels de trouver des solutions. Et c’est tout l’intérêt, aujourd’hui, de la mise en place d’un réseau de partenaires avec l’État, les collectivités et les associations : les spécialistes devront s’emparer de ces questions.

LCS : Entre les discours positifs du gouvernement et la réalité plus complexe du terrain, on a du mal à percevoir ce qui va pouvoir être mis en place rapidement… Comment voyez-vous votre rôle ?

Catherine Frapard : Notre rôle, c’est de continuer à faire ce qu’on fait depuis longtemps. On ne lâchera pas. On verra d’abord les réponses apportées à notre demande de réunion. Et on continuera notre travail d’accompagnement des familles et d’interpellation des pouvoirs publics. Enfin, on doit continuer à sensibiliser à la fois l’opinion et les collectivités pour sortir des clichés autour des Roms.

LCS : Comment envisagez-vous cette bataille de l’opinion, qui ne vous ait pas toujours favorable ?

Catherine Frapard : Il faut d’abord redire que la grande majorité des Roms installés en France sont des citoyens européens qui bénéficient d’une liberté de circulation. Ce sont des migrants pauvres qui fuient leur pays d’origine comme d’autres. C’est important de le redire lorsqu’on voit les sentiments de rejet et de défiance que suscite, auprès de certains riverains, leur installation sur des terrains. Et cette sensibilisation de l’opinion passera localement par l’engagement des habitants, comme on l’a vu dans les communes qui ont accepté d’accompagner les Roms.

Propos recueillis par David Prochasson

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