Vu et entendu plusieurs fois ces derniers jours : « Ce n’est pas possible. »
D’abord, il y a cet homme d’Église qui s’exprime dans nos colonnes cette semaine. A propos du soutien aux familles déboutées du droit d’asile, voici ce qu’il dit : « On ne peut pas rester les bras ballants devant ces drames humains. Ce n’est pas possible… pas possible. » Juridiquement, aider des « sans papier », ce n’est pas possible. Et pourtant, dans les faits, les valeurs de l’Église rendent l’inaction impossible, donc l’action possible. Impossible n’est pas chrétien.
Ensuite, il y a ce bénévole de la Protection civile rencontré à l’occasion d’un reportage dans un gymnase mobilisé dans le cadre du plan hiver. Quatre ans que ce secouriste consacre un peu de temps et pas mal d’énergie pour apporter de la chaleur « radiateur » et du contact humain à des sans abri. Et pourtant, il a déjà un boulot à plein temps et une vie de famille bien remplie. Comment fait-il ? « Des gens qui n’ont rien et sont à la rue… C’est pas possible. » Et pourquoi ? « Ça donne du sens à la vie d’aider les autres… ce n’est pas plus. » Impossible n’est pas humain.
Enfin, il y a cette militante de l’APF côtoyée lors d’une action médiatique dans la région. Comment convaincre la société toute entière de miser sur les plus fragiles ? En y réfléchissant, elle a eu ces mots : « Continuer comme ça, ce n’est pas possible. Après la révolution industrielle et la révolution technologique, il faut qu’on passe à la révolution sociale. Si on ne veut pas aller tous ensemble dans le même mur, c’est maintenant qu’il faut changer. » Impossible n’est pas militant.
Et comme disait un certain Napoléon Bonaparte, impossible n’est pas français…
Frédéric Lossent